Voilà, il y a un an pile, nous achetions le nom de domaine ragemag.fr ; nous avions eu l’idée de monter le magazine huit jours avant. C’est allé vite. Il faut commencer quelque part : ça a débuté comme ça. Un constat simple : les journalistes devaient tomber leurs couilles de lait. Time to man up ! Une bouffée révolutionnaire, à la vue des peuples arabes qui se soulevaient. Des larmes, à la vue de cocktails Molotov explosant sous l’acropole. Une lueur : construire un feu.
Mode révolutionnaire on. D’abord, un simple PDF de présentation « Rage, contre la machine », en hommage au groupe de fusion qui avait bercé notre adolescence. Et depuis, la même définition, sommaire : « Le magazine qui aime les gens simples mais n’a rien contre les idées compliquées ». Précisons.
Qui sommes nous ?
Nous sommes populistes, parce que, comme Mao (brrr), nous pensons que « le poisson pourrit toujours par la tête ». On parle plus juste au PMU qu’à l’Assemblée. Nous sommes tous enfants de l’esclavage, du génocide juif, de la colonisation. Nous sommes tous enfants du peuple, en lutte contre l’oppression élitiste, aujourd’hui eurolibérale, hier, féodale, esclavagiste, colonialiste, nazie.
Sankaristes, nous sommes internationalistes : « Notre révolution au Burkina Faso est ouverte aux malheurs de tous les peuples. Elle s’inspire aussi de toutes les expériences des hommes depuis le premier souffle de l’Humanité. » Les peuples européens sont aujourd’hui colonisés par une élite qui applique à la lettre les leçons de leurs prédécesseurs en chapeaux blancs et vestes de safari. Paternalisme, démophobie, ploutocratie, technocratie, déni de souveraineté, impérialisme monétaire.
Nous sommes anarchistes : nous nous méfions du pouvoir en soi. Nous sommes démocrates : le pouvoir étant irréductible, il doit demeurer entre les mains du peuple. Nous sommes donc révolutionnaires car le peuple doit toujours être prêt à défendre ce pouvoir, par tous les moyens.
Nous sommes conservateurs, dès lors que le progrès socialiste est piraté par le logiciel libéral. Nous sommes donc écologistes radicaux : l’homme n’est pas le centre du monde, mais l’une de ses parties. La terre n’est pas le cadre de la vie humaine, mais sa condition sine qua non.
Nous sommes laïcs : c’est la seule façon de préserver un espace d’expression publique, un langage commun, une chose publique. Aussi, nous sommes républicains : un peuple n’est pas seulement un système anthropologique, une trajectoire culturelle, il est aussi –en France plus qu’ailleurs – formé politiquement ; quelque chose existe par-delà lui, une chose publique. Nous sommes personnalistes : l’individu libéral, l’homo economicus, n’existe pas, il n’est pas d’homme sans affect et sans « être social ». Nous sommes socialistes, nous considérons que l’homme est un animal politique, que la solidarité n’est pas seulement un devoir, mais surtout un besoin. Nous sommes patriotes, parce que nous aimons et respectons cette collectivité, ce peuple, cette chose publique. Elle est nôtre.
Socialistes orwelliens, nous militons pour une société décente. Nous avons beaucoup donné, cette année, en temps, en énergie, en cœur. Mais nous avons aussi reçu, comme jamais nous ne l’aurions espéré. Lecteurs attentifs de l’Essai sur le don de Marcel Mauss, il est sans doute temps de rendre. De remercier les gens qui, par conviction, par sympathie, ou par simple amour de la liberté d’expression, nous ont aidés, comme ils ont pu. C’était beaucoup.
Merci à tous
Merci d’abord à Jean-Claude Michéa, pour son amitié. Au cœur même de ce système que nous combattons, combien de mains amies nous ont été tendues ! Admettons-le, nous ne nous y attendions pas. Merci à tous les journalistes qui ont jugé notre entreprise intéressante, utile ou simplement décente. Merci à Rue 89 et à Pascal Riché, à Europe 1 et à Natacha Polony, à Technikart et à Raphaël Turcat, à Radio Nova et à Marc H’limi et à tous les autres pour avoir parlé de nous, nous avoir invités, nous avoir repris. Merci à David Abiker de m’avoir permis de représenter Ragemag. Merci à Jean Stern, Edwy Plenel et Philippe Cohen, trois grands journalistes qui ont accepté de venir parler dans nos colonnes.
Merci aussi, aux universitaires qui ont soutenu notre jeune magazine, au premier rang desquels Jacques Sapir, qui nous permet de reprendre ses billets. Merci à Laurent Bouvet. Merci à tous les autres.
Merci, enfin, aux interviewés et amis du magazine, qui sont venus dire dans Ragemag des trucs que l’on avait pas lus ailleurs : merci à Booba, à Katsuni, à Ovidie, à Bertrand Burgalat, à Juan Rozoff, à Aline, à Seth Gueko, Zekwe Ramos et Alkapote et tous les autres. Un merci spécial à Audrey Vernon, qui est une vraie amie, et contribue parfois au magazine.
Merci à Juan SarkoFrance qui a eu le courage et la curiosité de s’intéresser à nous. Et merci à tous les futurs blogueurs (surprises…).
Merci à Eric Darkplanneur Briones, de nous avoir ouvert son Cabinet des Curiosités.
On remercie aussi nos cibles préférées : Nicolas Demorand, Matthieu Pigasse, Laurence Parisot et Jean-François Copé. Quelque part, c’est grâce à eux qu’on a la rage.
Vous n’avez encore rien vu
Enfin, ce que personne ne voit de l’extérieur, c’est l’aventure humaine incroyable que constitue le magazine. Un truc qui nous appartient, dont on se souviendra toujours. Alors merci à vous, mes amis –puisque c’est ce que vous êtes, désormais- merci d’avoir cru en Ragemag, merci pour votre temps, votre patience, votre talent. Merci pour votre courage. Merci pour votre amitié. Ça vaut tous les postes à 5000 euros par mois (même si pour Copé, ça reste un salaire de merde, apparemment…).
Merci, surtout, à vous, lecteurs. Vous êtes nos potes, merci de nous lire, ça nous donne envie de continuer. Dans six mois, n’en déplaise à Pierre Siankowski , on sera toujours là. Plus gros. Meilleurs. Plus enragés. L’armée s’agrandit tous les jours. Nous allons proposer de plus en plus de contenus. Nous allons vous surprendre. Avec votre aide, nous allons devenir un média viable. Rentable, c’est dit. C’est écrit.
Paix à tous les révolutionnaires, à tous les peuples en lutte pour s’affranchir de l’oppression libérale.
Ah, j’oubliais : « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » Bande de fils de pute.
Ragemag Bomayé !
Merci à tous les membres de Ragemag : la dévouée Juliette Darras, à qui on pense fort (attachée de presse), le très patriote Baptiste Thion (rédacteur en chef-adjoint et politique), le malicieux Nicolas Pujos (sport), le brillant Sylvain Métafiot (cinéma), la piquante Camille Emmanuelle (érotisme), le fidèle Julien Saint-Jours (RP), l’iconoclaste Oussama Darfi (développeur appli), la parfaite Akane Sudre (attachée de presse), le très drôle Thibault Soulcié (dessinateur de presse), le sudiste Morgan Izquierdo (graphiste), le coréen Adrien Gévaudan (international), la rigoureuse Sidney Truc (Juriste), le très rouge Clément Sénéchal (politique), le passionnant Benjamin Sire (Rédacteur en chef-adjoint et politique), l’imprévisible Fabio Bevilacqua (Jeux-vidéo), la brillante Sarah Dib (arts), la précoce Coralie Pages (philosophie), l’aristocratique Maxime Gauvin (financier), le génial Mr. Orange (international), le khâgneux Esteban Piard (éducation), l’étonnant Julien Cadot (culture), le très théologique Vincent Froget (politique), l’acrimedique Usul (geek & politique), le patriote et rageux de la première heure Adrien Mideau (politique), le bloysien Mikaël Faujour (arts), le troll des cavernes Cédric Monget (futurologie & point Monget), le maître web Cyril Cambournac (webmestre), le guérillero Alejandro Tobon Alvarez (réalisation), le très eurosceptique Guillaume Lelong (europe), la fabuleuse Margaux Duquesne (enquête), l’enculé Joachim Bel Mokhtar (guide du petit enculé et autres enculeries), la promesse Renaud Cheunu (politique), la très talentueuse Coralie Delaume (politique), la caractérielle Sayaka Sudre (correctrice), le très perturbant Sacha Béhar (humour), l’adorable Emilie Dubeaurepaire (secrétaire de rédaction), le bad religieux Mehdi Neem (rock & politique), l’énergique Elodie Carcolse (pimp & secrétaire de rédaction), la londonienne Eva Blum-Dumontet (international), le michéiste fanatique Galaad Wilgos (politique), le très laïque Bassem Asseh (politique), le clemenciste Jérôme-Olivier Delb (politique et architecture), l’anarchiste de droite Matthieu Giroux (philosophie & polémique), le rue-saint-guillaumisé Clément Denis (international), l’inrockompatible Jérémy -12K- Denoyer (rap et politique), le passionné Mathieu Paumard (sport), le stylé Ilyes Griyeb (directeur artistique), la réactive Colombe de Vogüe (secrétaire de rédaction), l’érudit Julien Lafond-Laumond (musique), le populiste Kevin Boucaud Victoire (politique et amour du peuple), le génie Nicolas Prouillac (rédacteur en chef-adjoint et cinéma), le kamikaze Raph la rage (humour et enculage de hipsters), l’hilarant Romain Scotch (politique et assassinat), la hackeuse et rageuse de la première heure Emma Dreyfus (hacking), l’étonnante Mathilde Hamet (cimetières et société), la troublante et arlésienne Mathilde Warnier (interviews), l’économiste atterré Aurélien Beleau (économie), le très drôle Bruno Brusson (montages photo et détournement), le très talentueux Paul Tantale (politique et économie), l’efficacité faite homme : Benoît Pellevoizin (développement et partenariat), le Hegel du joystick Baptiste Peyron (rédacteur en chef-adjoint et jeux vidéo), la grande timonière de la grammaire Ludivine Godot (secrétaire de rédaction), la meuf qui s’en bat les oeufs, Lucie Bacon (secrétaire de rédaction et breakfast anglais), le révolutionnaire Baptiste Le Maux (politique et économie), mon pote Mounir Katché (notre barman).

Manifestation du 5 mai : sous les pavés, la Rage
Un an ce n’est rien tout en étant énorme. Bon anniversaire et longue route à tout le staf Ragemag & Invités.
Au passage : pas un mot pour les Inrocks ? Remarque, le compteur existe !
Merci à vous surtout !
Pouce vert.
Le mot vulgaire, l’anglicisme et la double pensée. Ce journal est bien de son temps, qui préfère être jugé sur ses ennemis que sur ses résultats.
Le mot succinct, péremptoire et le pseudo. Ce commentaire est bien de son temps, qui préfère le format touittère aux contre-arguments construits.
N’ayant pas vu d’argument, je n’ai pas de contre-argument à fournir. « touittère » ? Connais pas.
Merci à vous de nous apporter du lourd, du frais, des diatribes pleines de chatoyante suffisance et des pains aux raisins.
Keep up the good work!
http://www.youtube.com/watch?v=p53fTQDf2hk
Définitivement le mag que j’attendais lorsque j’étais plus jeune. Encore merci pour votre rage salutaire. Je suis le plus heureux des lecteurs car je ne suis pas seul.
Je ne suis donc pas le seul à subir les prophéties du Nostradamus des Inrocks, Pierre Sankiowski, qui a décrété la qualité de mes billets en baisse la semaine… où je battais tous les records d’audience… Ah ah Ah!
continuez !!! continuons…
Les gars, votre existence est un réel plaisir en soi… Merci du fond du slip !
Et comme à chaque anniversaire, on peut se détendre le temps d’un instant, relâcher un peu la pression (et en espérant ne pas écorner le mythe).. Cadeau :
http://www.youtube.com/watch?v=mOE9fE72QLg
Un billet qui a pour but de remercier tout le beau monde qui à participer à ce mag. Ce commentaire en fera donc de même !
RageMag m’a ouvert des portes dont l’existence m’était inconnu !
Merci à tout le monde et bonne continuation !
Faut jamais avoir foutu les pieds dans un bar PMU pour affirmer qu’on y « parle plus juste qu’à l’Assemblée ». Les bars PMU, c’est plein de gros beaufs qui te ressortent les conneries entendues la veille sur TF1 ou chez Morandini.
C’est tout le problème des étudiants-bobos : ils ne confrontent jamais leurs ideologies au réel. Ils se disent anarchistes quand ce sont les premiers à bénéficier de l’ordre établi. Ils ne sont jamais sortis de leurs bibliothèques, n’ont jamais foutu les pieds dans une usine, et ils se branlent sur le Peuple.
Si vous voulez vous faire une idée de ce qu’est réellement le peuple, regardez Confessions intimes ou les Ch´tis à Las Vegas. Ou lisez Céline.
On devrait obliger les étudiants-bobos à travailler un mois minimum dans une usine pour qu’ils arrêtent de nous faire chier avec leurs idéaux à la con. Ils se rendraient compte que ceux qu’ils défendent ne méritent que le mépris.
Le peuple c’est de la merde.
Nous validons ce commentaire, mais il méritera sans doute un article à lui tout seul.
J’ai visé juste, et vous en avez conscience.
Combien au sein de la rédaction de ragemag peuvent se targuer d’une connaissance empirique du peuple ?
Vous êtes tous, sans aucun doute, des GROS WINERS avec bac+5 minimum.
La première fois que vous avez entendu parler du peuple, c’était dans les amphis de Science po. Reconnaissez-le.
Les patrons le connaissent, eux, le peuple. Mon frère est ouvrier chez Areva, il me raconte comment ses collègues se tirent dans les pattes pour une augmentation, comment ils se mettent à plat-ventre devant la direction alors qu’ils passent leur temps à s’en plaindre dès qu’elle a le dos tourné. Les patrons se régalent devant un tel spectacle.
Le peuple est fait pour être dominé. C’est le constat auquel arrivent tous ceux qui l’ont pratiqué.
Moi qui en suis issu, je peux vous garantir que je préférerais mille fois dîner au Fouquet´s avec Attali que boire un coup avec Jean-Michel au PMU du coin.
Ce serait indéniablement plus enrichissant.
Vous connaissez la citation de Céline ? « Qu’est-ce qu’un prolo ? Un bourgeois qui n’a pas réussi. »
Vous avez votre expérience du « peuple », moi la mienne. Je suis fils de prolétaires, j’ai travaillé environ 5 ou 6 mois à l’usine Chaffoteaux et Maury ; j’ai suivi d’aussi près que possible la fermeture du site sur décision du ploutocrate et ami de Berlusconi, M. Merloni, décision qui a causé la mise au chômdu de quelque 200 personnes en 2010, dont mes deux parents.
Ces gens qui ne méritent, comme vous le dites, « que d’être dominés », je les ai côtoyés de près. Et j’ai, quant à moi, vu là des ressources de lutte et de bon sens que je ne vois pas chez les bourgeois du PMU d’Yves Calvi, dont les diplômes, justement, sont de pures garanties de mise à distance du réel : on vit dans l’entre-soi confortable des valeurs bourgeoises et des conversations où le réel n’est convoqué qu’à titre de coquetterie.
Le « peuple » n’est en rien une chose monolithique ni un concept commode ; c’est une diversité infinie. Il y a de l’intelligence, du bon sens, de l’entr’aide, de la solidarité, comme il y a de la sottise, la répétition larbinesque des concepts dominants entendus par la télé, de la lâcheté, de l’égoïsme. Il y a ceux qui luttent dans un syndicat, ceux qui se donnent des coups de main entre voisins, et il y a les minables, les cas sos’ fouteurs de merde.
Je ne saurais parler de mes collègues, n’ayant pas exigé qu’ils me montrassent leur CV avant de m’en faire des amis, mais pour ce qui me concerne, j’ai du peuple une certaine idée, à tout le moins dans ce que j’y ai vu et entendu de bon, de simple, de juste, à mille lieues des apôtres de la complexité qui dominent. Et même s’il n’est nullement question de choisir entre la compagnie de telles et telles personnes, je préfère, quant à moi, et de loin, la compagnie de mes parents ouvriers et de certains de leurs amis gais lurons, à celle de pourceaux encravatés à la Jacques Attali.
« des conversations où le réel n’est convoqué qu’à titre de coquetterie »
Cette formulation est très élégante et juste, elle mériterait de figurer dans un ouvrage littéraire.
Le peuple n’est effectivement pas monolithique et j’en suis figurez-vous… et il m’entoure dans un quotidien qui est une lutte que l’on peut vouloir rendre digne, même dans un environnement où tout est fait pour pousser les gens à s’abandonner à la fatalité et à l’envie. Ce dont témoigne votre propos. Et le débat avec la rédaction s’arrête là.
Bah je vous lâche tout simplement un bon anniv et un bon courage pour nous en recoller pour 1 pige et puis d’autres derrière !
et finalement du peuple ou pas , diplomé ou pas , à bouffer du jambon 1er prix ou de parme , au rad du coin ou chez Flunch l’essentiel est d’être aux aguets , de ne pas se laisser berner par toutes les conneries de nos gouvernants et de savoir chercher le vrai du faux , pour eviter de trop se la faire mettre …
working class in action