De Correspondent lève 1,7 M$, somme record en crowd-funding média : rencontre avec son fondateur

Publié le 27 janvier 2014 à 16:44 par Julien Cadot, Arthur Scheuer et Nicolas Prouillac | 0

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Très peu de gens en ont entendu parler en dehors des Pays-Bas, et pourtant le journal numérique De Correspondent a battu un record de taille en clôturant un financement participatif avec 1,7 millions de dollars en poche. Quelles promesses pour cette publication exclusivement proposée en néerlandais ? Une information lente de qualité, un rétablissement de la subjectivité du journaliste au cœur de l’article, une confiance en l’expertise des auteurs pour définir le calendrier éditorial et un enrichissement des sujets par les lecteurs. Nous avons rencontré Rob Wijnberg, fondateur et rédacteur en chef de De Correspondent pour éclairer ce qui a transformé les idéaux de ce philosophe en une véritable entreprise de presse nationale qui a déjà convaincu 28 000 lecteurs abonnés.

Pouvez-vous raconter la genèse de De Correspondent ?

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Rob Wijnberg par Keke Keukelaar.

Bien sûr ! Je travaillais pour un journal hollandais, NRC Next, où j’étais rédacteur en chef. Quand j’ai pris ce poste en 2010, mon but était de réinventer le journal pour qu’il puisse vivre de nombreuses années, en ayant à l’esprit un lectorat plus jeune et plus centré sur internet. Ma stratégie reposait sur un éloignement de l’actualité générale et un rapprochement avec le journalisme qui explore les sujets en profondeur. J’ai quitté ce journal en 2012 parce que cette stratégie n’était plus à l’ordre du jour : le directeur de publication souhaitait aller dans une autre direction. Il voulait que l’on soit plus réactifs sur les nouvelles du jour, je voulais qu’on le soit moins. J’ai donc démissionné et j’ai tout de suite commencé à penser à mon propre journal, qui est devenu De Correspondent.

La première étape était assez simple : l’idée était celle d’un budget récolté en financement participatif. Nous avions besoin de 15 000 abonnés pour nous lancer, qui auraient payé 60 euros pour un an d’abonnement. Nous avons réussi à convaincre ces 15 000 personnes en huit jours. Après les trente jours de l’opération, nous avions 18 300 abonnés : nous pouvions commencer. La promesse initiale disait la chose suivante : Een dagelijks medicijn tegen de waan van de dag, ce que l’on peut traduire par « un antidote quotidien contre l’engouement du jour ».

Nous ne voulons pas traiter l’actualité, mais mettre en avant ce qui est actuel. La différence entre l’actualité et l’actuel, c’est que l’actualité se produit aujourd’hui, alors que l’actuel se produit tous les jours. Du coup, quand on veut comprendre le monde, et nos vies dans ce monde, on est systématiquement trompés par ce qui se passe aujourd’hui : l’actualité que l’on voit est l’exception à la règle. Nous ne traitons pas des exceptions, nous souhaitons traiter des règles.

« Nous ne voulons pas traiter l’actualité, mais mettre en avant ce qui est actuel. La différence entre l’actualité et l’actuel, c’est que l’actualité se produit aujourd’hui, alors que l’actuel se produit tous les jours. »

La promesse que nous avons faite à nos abonnés contenait alors deux choses. La première, c’était une plateforme centrée sur ses auteurs. Les abonnés suivent des correspondants qui ont une expertise ou un savoir sur un sujet précis. La deuxième, c’est que ces correspondants ne vont pas écrire sur l’actualité, mais sur ce qu’ils pensent devoir faire figurer dans l’actualité. Parce que ce sont des experts, ils peuvent juger avec grande pertinence ce qui mérite d’être traité et ce qui ne mérite pas de l’être. C’est comme cela que tout à commencé : aujourd’hui, cela fait trois mois que nous sommes en ligne et nous avons 28 000 abonnés.

Sont-ils tous Hollandais ?

Nous avons des visiteurs qui viennent du monde entier, mais la plupart de nos abonnés sont Hollandais, oui, car le journal est en hollandais. Des Belges flamands nous lisent aussi.

Un million de dollars en huit jours, c’est exceptionnel…

Précisément, 1,7 millions de dollars.

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Rob Wijnberg, dessin pour De Correspondent.

Encore mieux ! Comment expliquez-vous un tel engouement autour de votre projet ?

D’abord, les journalistes qui nous ont soutenus et qui ont soutenu le journal et y travaillent aujourd’hui ont eu un rôle : certains sont très connus. Les gens savent qu’ils sont bons et je pense que nous avons les meilleurs jeunes journalistes qui travaillent pour nous. Cela a suscité un grand intérêt. Plusieurs avaient déjà une large audience personnelle, sur Twitter ou Facebook. Ensuite, les gens ont été intéressés parce que ce que nous souhaitions faire était vraiment différent de ce qu’ils pouvaient trouver à la télévision ou dans la presse. Nous ne voulions pas répéter quelque chose qui existait déjà.

Le journalisme traditionnel que vous lisez un peu partout commence à lasser les gens. L’idée que nous allions faire un média plus profond et plus recherché a été appréciée par les lecteurs. L’intégrité a joué un grand rôle aussi : beaucoup d’agences de presse sont aujourd’hui fondées sur la maximisation des profits et sur l’identification des cibles commerciales. Elles se demandent tout le temps si elles ont généré assez de clics ou eu assez de public. Bien sûr, nous avons besoin de faire du profit pour durer, mais la maximisation du profit n’est pas notre objectif. Cet aspect déontologique du journalisme est en train de disparaître en Hollande. Beaucoup de gens ont été conquis par l’idée d’un retour aux fondements du journalisme.

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Et que nous dit d’ailleurs le succès de De Correspondent sur l’état de la presse aux Pays-Bas ?

Ceux que l’on appelait l’audience, par Jay Rosen

Ceux que l’on appelait l’audience sont ceux qui se trouvaient à l’extrémité du système médiatique, qui n’allait que dans un sens, sous le principe de la diffusion, avec un prix élevé pour y accéder et seulement quelques firmes médiatiques pour crier très fort pendant que le reste de la population écoutait — la situation a aujourd’hui complètement changé.

Autrefois, il y avait vos rotatives pour imprimer la presse ; aujourd’hui, les blogs, cet outil humble, nous a permis de faire de la presse. C’est pour cela qu’ils ont été appelés « de petites machines à Premier Amendement ». Ils ont étendu la liberté de la presse à un grand nombre d’acteurs.

Autrefois, il y avait votre station radio, qui émettait sur votre fréquence. Aujourd’hui, nous avons cette brillante invention qu’est le podcast et qui nous a donné la possibilité de faire notre radio. Et nous avons trouvé plus d’usages que vous n’en avez imaginé.

Tourner, monter et distribuer de la vidéo étaient des activités qui vous étaient réservées, vous les gros médias. Vous étiez les seuls à pouvoir atteindre une audience modelée selon votre image. Maintenant, les vidéos viennent des utilisateurs, et l’audience est vivante et bien portante sur internet.

Vous étiez autrefois les éditeurs exclusifs de l’actualité, vous choisissiez ce qui allait apparaître sur votre une. Maintenant nous pouvons créer l’actualité et nos choix alimentent nos pages d’accueil.

Un système centralisé des médias avait connecté les gens à des agences et des centres de pouvoir, mais jamais les gens entre eux. Maintenant, la tendance est horizontale, de citoyen à citoyen, devient aussi importante que la verticalité.

Extrait de The People Formerly Known as the Audience, par Jay Rosen, écrit en 2006 à l’aube du web participatif.

S’il nous dit quelque chose, c’est plutôt ce qu’il manque aux médias. Pas seulement en Hollande d’ailleurs, mais à l’échelle mondiale. Je pense qu’il manque une sorte de franchise et un certain caractère aux médias. La plupart du temps, quand vous entendez ou lisez une actualité, celui qui l’écrit importe peu. Prenons un article sur la Syrie par exemple : cela ne change rien s’il s’agit d’un actualité télévisée ou d’un traitement par l’un ou l’autre des journaux. C’est à peu près toujours la même chose. Un journal généraliste rendra l’information plus simple, un journal spécialisé fera un article un peu plus intelligent, mais l’histoire derrière est la même.

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Joris Luyendijk, journaliste ayant inspiré De Correspondent.

Chez nous, l’auteur est aussi important que l’article. Vous pouvez être guidé par l’information, mais aussi par la personne derrière cette information. Si l’on souhaite généraliser cette leçon, on pourrait dire que l‘incarnation dans le journalisme aide véritablement. Nous ne mettons pas la personnalité de nos auteurs avant l’information, nous la mettons sur le même plan. Le problème dans le journalisme classique, c’est qu’elle n’a aucune importance. Cette espèce d’objectivité est un problème : l’information est la même partout, et il manque au lecteur une raison de savoir pourquoi cette information est importante pour lui, pourquoi il devrait s’intéresser à telle ou telle chose qui se produit dans le monde. Si je vous dis simplement : « Des choses se passent » sans y mettre une once de personnalité, cela devient très difficile pour vous de vous rapporter au monde sur le mode de la compassion.

Le journalisme que nous faisons invite à cette compassion et je pense que c’est l’un des objectifs du journalisme. La personne derrière l’article est très importante. Je n’ai jamais cru en l’idéal d’objectivité du journalisme. Je pense que c’est très étrange de ne pas pouvoir exprimer sa fascination ou ses motivations dans un article, parce que ce sont ces deux aspects qui rendent l’article désirable.

Vous êtes-vous inspirés d’autres expériences journalistiques ?

Oui, nous avons plusieurs inspirateurs. L’un d’eux est Jay Rosen, un professeur de journalisme aux États-Unis qui a beaucoup écrit sur le futur de la profession. Il a été très explicite quand il a écrit qu’un journaliste ne devait pas se cacher de faire du journalisme. Une autre inspiration est Joris Luyendijk, un célèbre journaliste et auteur hollandais qui écrit maintenant pour le Guardian. Il a dit que ce que pouvait faire de mieux un journaliste, c’était de partager sa courbe d’apprentissage avec ses lecteurs. L’idée derrière cela, c’est que la plupart des gens ne sont pas experts dans la plupart des domaines. Si je lis un article sur la finance, je ne vais pas y comprendre grand-chose.

Le réflexe d’un journaliste, c’est de lire tout ce qu’il trouve sur un sujet et d’écrire son article ensuite. La plupart de ces papiers sont trop compliqués pour beaucoup de lecteurs ou pas assez intéressants. Luyendijk est allé explorer le secteur financier à Londres sans connaître quoi que ce soit au sujet et il a partagé son apprentissage sur internet : les gens ont pu le suivre dans cet apprentissage. Il a commencé par des choses simples et est allé interviewer des banquiers, des traders etc. : à chaque fois qu’il apprenait quelque chose d’essentiel, il le partageait.

« La chose la plus importante que j’ai apprise en tant que rédacteur en chef, c’est que les journalistes avec qui je bossais étaient beaucoup plus intéressants quand je leur parlais et qu’ils me racontaient leurs expériences que les articles que l’on trouvait dans le journal. J’ai découvert que ce que produisaient ces gens n’étaient pas aussi bon qu’eux »

Ce qui est très intéressant avec cette méthode, c’est qu’en tant que lecteur, nous pouvons le rejoindre dans son apprentissage quel que soit notre niveau. Si vous n’y connaissez rien, il vous suffit de commencer par ses premiers articles ; si vous vous y connaissez un peu, vous irez directement au milieu de sa chronologie ou à la fin. La plupart des articles dans le journalisme classique sont pensés pour « le plus grand nombre » : résultat, celui qui en sait beaucoup ne trouvera rien d’intéressant, et celui qui en sait peu ne va probablement pas comprendre. Sur De Correspondent, nous essayons d’écrire des articles et de les prolonger, de les poursuivre, pour que les lecteurs qui suivent un de nos journalistes en apprennent de plus en plus.

Qu’avez-vous retenu de votre expérience de rédacteur en chef au NRC Next ?

La chose la plus importante que j’ai apprise en tant que rédacteur en chef, c’est que les journalistes avec qui je bossais étaient beaucoup plus intéressants quand je leur parlais et qu’ils me racontaient leurs expériences que les articles que l’on trouvait dans le journal. J’ai découvert que ce que produisaient ces gens n’étaient pas aussi bon qu’eux : il y avait comme un paradoxe. Je pense que cela tient à la façon dont nous traitons de l’actualité. La plupart de la production journalistique est produite dans la vitesse : quelque chose se passe et quelqu’un souhaite qu’un journaliste écrive un article sur cette chose. Puis l’article est écrit, et voilà, fin de l’histoire. À NRC Next, nous ne laissions pas suffisamment de latitude aux journalistes pour décider de ce qui était important. Nous avions un planning éditorial et quand je demandais à mes journalistes ce qu’ils en pensaient, ils trouvaient toujours des sujets qu’ils estimaient plus importants. Si l’on donne aux journalistes les plus passionnants la liberté de décider quel sera leur planning éditorial, on aboutit à un journalisme plus intéressant.

Quelles sont les spécificités de votre modèle économique ?

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De Correspondent : la promesse.

Je trouve cette question très intéressante, parce que le fondement de notre modèle économique tient en une phrase : « vous devez toujours avoir plus d’argent que ce que vous prévoyez. » Après, ce n’est pas très compliqué. Vous devez trouver un produit ou un service pour lequel les gens seront prêts à payer, donc il doit être original et différent des autres produits ou services. Surtout dans le domaine de l’actualité, où la plupart des publications sont gratuites.

Si vous parvenez à créer un tel produit, les gens apprécieront de le payer un prix raisonnable. La plupart des lecteurs comprennent que les bons articles et le bon journalisme coûtent de l’argent, ils sont donc plus que disposés à payer pour une telle chose. D’un autre côté, il faut rester prudent et ne pas dépenser plus d’argent que ce dont on dispose.

Nous avons également décidé de ne pas afficher de publicité. La raison principale, c’est que nous préférons rester au plus proche du service que nous proposons, c’est-à-dire faire du bon journalisme pour des lecteurs intéressés. Si l’on propose des espaces publicitaires, on a d’un coup un deuxième produit : l’audience, que l’on doit vendre aux entreprises. Dès lors, comme nous n’avons pas de publicité, nous pouvons nous concentrer sur ce que les clients souhaitent véritablement et ce pour quoi ils ont payé. Je pense que c’est quelque chose de très important : il est impératif de savoir ce que l’on vend et à qui on le vend.

Le financement participatif vous assure-t-il une indépendance éditoriale et financière totale ?

Oui, c’est une bonne façon d’acquérir son indépendance, parce que si vous ne le faites pas avec le crowdfunding, alors vous avez besoin soit de prêts, soit d’investisseurs. Et bien sûr, la plupart des investisseurs veulent autre chose que du journalisme de qualité. Ils veulent du journalisme de qualité, mais ils veulent aussi faire des profits. La plupart du temps ils veulent de plus en plus de profits. Et alors vous travaillez pour une toute autre sorte de patron.

« Ces 18 000 personnes qui nous ont aidés à démarrer n’ont pas payé pour quelque chose qui existait déjà. Ils ont payé pour quelque chose qu’ils voulaient que l’on fasse, ils ont payé pour la promesse d’un certain produit »

On a commencé avec 15 000 puis 18 000 abonnés. On pouvait leur dire : « Okay, vous nous payez, vous nous donnez la liberté de faire quelque chose de bien, vous nous avez fait confiance — ils n’avaient pas payé pour un produit parce que le produit n’était pas encore là — et nous, de façon aussi indépendante que possible, nous vous récompenserons pour votre confiance en vous livrant le meilleur produit possible. » Cette façon de se faire financer aide vraiment à ne pas être dépendant d’autres intérêts, extérieurs à l’intérêt journalistique.

Considérez-vous tout de même vos « mini investisseurs » comme des gens qui voudront quelque chose en retour ?

Oui, bien sûr, mais c’est un peu différent, dans le sens où ces 18 000 personnes qui nous ont aidés à démarrer n’ont pas payé pour quelque chose qui existait déjà. Ils ont payé pour quelque chose qu’ils voulaient que l’on fasse, ils ont payé pour la promesse d’un certain produit. Donc ce n’est pas traditionnel, dans le sens où, quand je vais au supermarché, je paie pour quelque chose qui est déjà là (rires). Ce n’est pas ce que ces gens ont fait. Notre plus grand défi c’est de leur donner envie de payer l’année prochaine pour quelque chose qu’ils connaîtront. Donc on espère qu’ils aimeront vraiment ce qu’on a fait, et qu’ils voudront prolonger leur abonnement — c’est notre plus grand défi.

Il vous faudra leur prouver que vous aviez raison, en somme.

Oui, tout à fait. On leur a prouvé qu’on avait eu une bonne idée, maintenant il faut qu’on leur prouve qu’on a le bon produit.

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NRC Next, où Wijnberg a fait ses armes.

La situation de la presse aux Pays-Bas est peu connue en France : pouvez-vous dire à l’aune de votre expérience que la presse numérique a mis fin à la presse papier ?

On a ce problème ici, oui : les journaux et les magazines déclinent, certains déclinent même assez rapidement. Je ne pense pas que les journaux survivront, parce qu’en fin de comptes, la distribution de ces journaux va devenir trop chère. Nous sommes un petit pays donc les coûts sont assez faibles, mais même en Hollande certaines parties du pays ne reçoivent pas la presse parce que c’est trop coûteux.

« Les jeunes lecteurs n’achètent pas vraiment de journaux, ils vivent sur internet. Peut-être le week-end, quand on a acheté un livre, on va le lire loin du web, mais la plupart du temps on lit sur internet. »

Avec la presse numérique, il y a cet énorme avantage de pouvoir atteindre le public n’importe où, grâce à un seul clic. Cela aboutira à la migration en ligne de tous les journaux, mais c’est un procédé assez lent. Je ne sais pas comment c’est en France, mais nous avons une grande variété de journaux. Leur plus gros problème est que leur lectorat est de plus en plus vieux. Ici, le lecteur de journal papier lambda a soixante ans.

Oui, c’est à peu près la même chose ici.

Donc dans vingt ou vingt-cinq ans, il est possible qu’ils soient tous morts. Les jeunes lecteurs n’achètent pas vraiment de journaux, ils vivent sur internet. Peut-être le week-end, quand on a acheté un livre, on va le lire loin du web, mais la plupart du temps on lit sur internet.

Est-ce que la presse est financée par l’État aux Pays-Bas ?

Certaines parties de la presse, oui. Nous avons un réseau de télévision publique assez fourni. Donc cette partie-là est financée par l’État, mais les journaux et les magazines ne le sont pas.

Et en quoi pensez-vous que la presse numérique est meilleure, au-delà du confort et de l’accessibilité ?

On peut raconter des histoires de beaucoup de façons. Grâce à la vidéo, à l’audio, avec des séries de photos etc., c’est multidimensionnel, si on compare cela au papier. Sur internet il y a des tas de possibilités. Mais au-delà de ça, je pense qu’il y a un avantage encore plus grand à la presse numérique : c’est très facile de se mettre en relation avec le lectorat. Non seulement les gens peuvent laisser directement des commentaires, mais ils peuvent aussi donner des sources, partager leur savoir, leur expérience.

Notre plus grand but est de construire une plateforme où toutes sortes de gens peuvent partager leur savoir spécifique et leurs expériences — de façon à ce que le journalisme ne soit plus seulement l’acte d’envoyer mais aussi celui de recevoir de l’information, de façon plus aisée. Disons qu’on veuille écrire sur l’éducation et que 200 abonnés travaillent dans une école ou sont professeurs, etc. : ils peuvent nous en dire bien plus sur l’éducation qu’un seul journaliste. Cette interaction à deux sens est très importante. Une des raisons pour lesquelles on a choisi ce nom est à cause du mot « correspondant » : on correspond avec les journalistes. C’est presque impossible avec la presse papier ou la télévision.

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La presse papier hollandaise ? Lue par les plus de 60 ans.

Votre nom est aussi international : il signifie la même chose en français ou en anglais. Prévoyez-vous d’étendre vos activités ?

Oui, et il y aurait deux avantages à cela. Le même concept (des journalistes experts avec leurs groupes de followers) pourrait marcher n’importe où parce que tous les pays ont un groupe de « meilleurs journalistes » — certains sont connus, d’autres sont talentueux et jeunes. Donc si on les met ensemble, cela pourrait fonctionner dans n’importe quel pays. La deuxième chose c’est que si on les met ensemble, on pourrait lier toutes ces plateformes et avoir un réseau de correspondants. Disons qu’avec une plateforme de correspondants en France, si la politique française m’intéresse, pourquoi est-ce que je lirais un journal hollandais à ce sujet ? Je préfère lire le meilleur journaliste politique français sur la politique de son pays, sur ma plateforme, plutôt qu’un journaliste hollandais. Donc notre rêve serait que, en tant que membre du Correspondent, on puisse sélectionner les meilleurs journalistes partout dans le monde et les suivre dans leur parcours. Mais c’est un objectif à long terme (rires).

« Nous essayons d’écrire des papiers qui sont très urgents et très intéressants aujourd’hui, sur des évènements actuels, mais qui seraient tout de même intéressants à lire la semaine prochaine. Et ce point de vue sur le journalisme, je le tire de la philosophie. »

Quel rapport y a-t-il entre les pensées de Nietzsche, de Kant et de Platon, que vous rassemblez dans vos livres, et votre conception du journalisme ?

Ce sont des philosophes très différents. La philosophie aborde surtout des questions qui sont là pour toujours : la vérité, la beauté, etc. Ces questions ne trouvent jamais une réponse définitive. Elles durent toute une vie, et même au-delà. Le journalisme touche au présent : aujourd’hui, cette semaine, qu’est-ce qui est en train d’arriver, au moment même où l’on parle ? Les deux ont des avantages. Les gens demandent toujours : quel usage puis-je faire de la philosophie dans ma vie quotidienne ? Comment est-ce que la philosophie m’aide au jour le jour ?

Le journalisme a l’inconvénient d’être intéressant aujourd’hui mais oublié demain. Si on lie les deux ensemble, si on prend un peu de la valeur éternelle de la philosophie et qu’on l’attache à la valeur quotidienne du journalisme, alors on obtient un mélange qui fait que le journalisme dure un peu plus longtemps. Nous essayons d’écrire des papiers qui sont très urgents et très intéressants aujourd’hui, sur des évènements actuels, mais qui seraient tout de même intéressants à lire la semaine prochaine ou même le mois prochain. Et ce point de vue sur le journalisme, oui, vous avez raison, je le tire de la philosophie.

Boîte noire

Interview: Editor-in-Chief Rob Wijnberg, founder of De Correspondent, the media that raised a record 1.7M$ in crowdfunding

Not many people might have heard about De Correspondent outside the Netherlands, but this digital newspaper set a record in media crowdfunding back in 2013, when its Editor-in-Chief Rob Wijnberg managed to raise 1.7M$ in just about eight days. What was the deal? A focus on quality, expert authors and journalists aiming to ascertain what is really newsworthy, as well as a shift from complete objectivity to better equality between the story and the storyteller. We met with Rob Wijnberg to understand how he managed to transform his idealistic view of the press into a success story, which has already convinced 28 000 readers.

Can you tell us about the genesis of De Correspondent?

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Rob Wijnberg by Keke Keukelaar.

Sure ! I worked at a national newspaper, NRC Next, and I was Chief Editor there. I became Chief Editor in 2010 and my goal was to re-invent the newspaper so that it would last for many years. And of course, last with younger and more internet-minded generations. My strategy was to move away from the general news and to go into more original in-depth reporting. I left the newspaper in 2012 because my strategy was not welcomed anymore: the Chief Editor of the modern newspaper said that we had to go in another direction He wanted to do more with the news of the day and I wanted to do less. So I quit and thought about starting my own newspaper which became De Correspondent.

The start was very easy: the idea was to crowdfund our starting budget. We needed 15 000 subscribers to start and they would have to pay 60 euros to become a member for one year. We succeeded in getting these 15 000 members in eight days. Eventually, after thirty days, we had 18 300 subscribers so we could start. The basic promise, in dutch, says: Een dagelijks medicijn tegen de waan van de dag, which translates to « a daily antidote against the hype of the day ». What we do is we don’t want to bring news, we want to bring new. The difference between news and new is basically that news is what happens today but never what happens everyday. So if you want to understand the world, and our life as they are happening in the world, you are mislead by what happens today because you always see the exception to the rules. We are not about exceptions, we are more about the rules.

« If you want to understand the world, and our life as they are happening in the world, you are mislead by what happens today because you always see the exception to the rules. We are not about exceptions, we are more about the rules. »

If you subscribed to De Correspondent, our promise was that you would get two things. One is an author-based platform. You will follow correspondents that have their expertise or knowledge in a particular subject. Two, they will not write about what it’s in the news, but about what they think should be in the news. Because they are experts on these subjects, they know they can judge with more accuracy whay is newsworthy and what is not. This is how it started. Now today, we are online for three months and we have over 28 000 subscribers so in the three months we have been online, we got 10 000 more subscribers.

Are they worldwide subscribers or dutch only?

Well, we have traffic from all over the world but most of the subscribers are dutch, because it is in dutch. Some of them are belgian, because they can read dutch.

A million dollars in 8 days is quite amazing…

We made 1.7 million dollars.

Even more amazing ! (laughs) How can you explain such a public interest in your project?

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Rob Wijnberg, drawn for De Correspondent.

First, the jounalists who backed us and supported the project and who now work here played an important part: some of them are very well known. People know that they are very good: I think we have the most talented young journalists working here. So, there’s a large appeal. Some of them also had a very large following, on Twitter or Facebook. Also, what really interested people was that we wanted to do something really different than what you get in the newspaper or the television. We didn’t want to do the same. The general journalism you get is the same everywhere and people get tired of it.

The idea that we will do differently and be more in depth really appealed to most people. Integrity was a large part of that, because a lot of news ventures are based on profit maximisation and commercial targets. They always wonder if they have enough clicks, enough viewers. Of course we need profits to sustain, but profit maximisation is not our objective. This kind of integrity in journalism is fading in Holland. Lot of people are very charmed by the idea that we go back to the basics of journalism.

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What does the success of De correspondent tell us about the media in the Netherlands or all over the world?

The people formerly known as the audience, by Jay Rosen

The people formerly known as the audience are those who were on the receiving end of a media system that ran one way, in a broadcasting pattern, with high entry fees and a few firms competing to speak very loudly while the rest of the population listened in isolation from one another— and who today are not in a situation like that at all.

Once they were your printing presses; now that humble device, the blog, has given the press to us. That’s why blogs have been called little First Amendment machines. They extend freedom of the press to more actors.
Once it was your radio station, broadcasting on your frequency. Now that brilliant invention, podcasting, gives radio to us. And we have found more uses for it than you did.

Shooting, editing and distributing video once belonged to you, Big Media. Only you could afford to reach a TV audience built in your own image. Now video is coming into

the user’s hands, and audience-building by former members of the audience is alive and well on the Web.
You were once (exclusively) the editors of the news, choosing what ran on the front page. Now we can edit the news, and our choices send items to our own front pages.

A highly centralized media system had connected people “up” to big social agencies and centers of power but not “across” to each other. Now the horizontal flow, citizen-to-citizen, is as real and consequential as the vertical one.

Extract from The people formerly known as the audience by Jay Rosen, written in 2006 when the social web was about to rise.

If it tells us something, it is what a lot of media lack. Not only in Holand, but also in the world. I think it is some kind of outspokenness and also a certain character. For a lot of things you hear about in the news, it doesn’t really matter who tells you the story. Let’s say we have a story about Syria: it doesn’t matter if I hear about it on the evening news or if I read it in one or the other paper. It is basically the same.

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Joris Luyendijk, independent journalist working for The Guardian.

A popular newspaper would make it easier to understand and a quality newspaper would make it more intelligent, but the stories are all the same. Here, the storyteller is as important as the story itself. You can relate to the information but you can also relate to the people who are giving you the information. If you want to generalise this lesson you can say that character in journalism really helps. We don’t put the personnality of the authors before the information, we put it on the same level. The story is as important as the storyteller: the problem in journalism is that the storyteller doesn’t matter at all.

This kind of objectivity has one problem: the basic information can be the same, but what lacks is a reason to actually know why this information is important to you, why you should care about the things happening in the world. If I just tell you things are happening, without my own personality in it, it is really hard to relate to the world in a compassionate fashion. Our journalism wants to have this compassionate appeal and I think one of the most important goals in journalism is to make people more compassionate with the world. The person behind an article is really important. I’ve never believed in this objectivity ideal that journalism has. I think it is really weird that you can not express your own fascination or your own personal motivations in your stories because these fascinations and motivations are what make most stories appealing.

Have you been inspired by other journalistic experiences, like the trend of independent writers in the USA?

Yes, we have several inspirations. One of them would be professor Jay Rosen, an american professor in journalism who wrote a lot about the future of journalism. He is very explicit when he says that the journalist should not hide himself from journalism. Another journalist who inspired us is Joris Luyendijk, a famous dutch journalist and author who now writes for The Guardian. He said that the best a journalist can do is to share his learning curve. Basically his idea is that most people are not experts in most subjects. If I read about the financial sector, I won’t understand most of the things.

The reflex of a journalist is to read everything about a subject and write a story about it. Most of these stories are then too complicated for most people or not interesting enough. What Luyendijk did, is that he went in London to the financial sector knowing nothing about it and shared his learning curve on the web and people could follow him through his learning process. He started out very basic and went on interviewing bankers, traders and so on and everytime he learned a main lesson, he shared it with his audience.

« The most important I learned as a Chief Editor is that the journalists I worked with were far more interesting to talk to and to hear about their experiences in life than the stories in the newspaper were. I found that the product these people made was not as good as they were. »

The very interesting part of that is, as a reader, you can join is learning curve no matter what you know on a subject. If you know nothing, you can start at the beginning. If you know a lot already, you can start at the middle or at the end. Most stories in journalism are aimed at « all people ». If you know a lot, it won’t be interesting for you to read, and if you don’t know enough, you will probably don’t understand. At De Correspondent, we try to write pieces and updates these pieces so you get to know more and more when you follow a correspondent.

What did you learn from being the editor in chief at NRC.next?

The most important I learned as a Chief Editor is that the journalists I worked with were far more interesting to talk to and to hear about their experiences in life than the stories in the newspaper were. I found that the product these people made was not as good as they were: there was some kind of disconnection here. There is something in how we make news that creates this problem. Most journalism is made really reactively: something happens, and someone wants a journalist to write a story about it. Then it is written very quickly and that’s it. At the newspaper, we didn’t let the journalists decide enough what was important. We had a news agenda, but if I asked my journalists what they thought was important, they came up with really different stories. If you give the most interesting journalists more freedom to decide what the news agenda should be, then you get much more interesting journalism.

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De Correspondent : a promise.

 

What are the specifics of your business model ?

I find this question very interesting because the basic business model is « you have to get more money than you expect ». It’s not very hard. You have to find something, let say a product or a service, that people actually want to pay a price for. So it has to be original and different from other products and especially from things that are free. Most news are free. It has to distinguishes from most of the news you see. And if you can create such a product, people will like to pay a reasonnable price for it.

Most people understand that good stories and good journalism cost money so they are more than willing to pay for such a thing. At the other hand, you have to be careful that you don’t spend more money than you have. One thing we decided also is we didn’t want advertisements. The reason is that you stick to your core product, and our core product is good journalism for interested readers. If you sell ads, you have another product: sell audiences to businesses. Because we don’t have ads, we can focus on what our customers really want and really want to pay for. I think that is a very important part: to know what you are selling and to whom you are selling it.

Does the crowdfunding garantee a total financial and editorial independence ?

Yeah, it’s a very good way to have independence, because if you don’t do it with crowdfunding, then you either need loans or you need investors. And of course, most investors want something different than quality journalism. They want quality journalism, but they also want profits. Most of the time they want more and more profits. Then you are working for a completely different boss.

We started out with 15000 then 18000 paying customers. We could say: okay, you pay us, you gave us the freedom to make something good, you trusted us – they didn’t pay for the product yet because the product wasn’t there – and we, as independently as we can, we’ll reward you for your trust by making the best product we can make. So this way of financing really helps you be independent of other “interests”, besides the journalistic interest.

« These 18000 people who helped us start up really didn’t pay for anything that really existed. So they paid for something they wanted us to make, they paid for a promise of a certain kind of product »

Don’t you consider you “micro investors” as people who will want something in return?

Well, of course, but it’s a little bit different in the sense that these 18000 people who helped us start up really didn’t pay for anything that really existed. So they paid for something they wanted us to make, they paid for a promise of a certain kind of product. So it’s not traditional in the sense that when I go to the supermarket, I pay for something that is there (laughs). These people didn’t. Our biggest challenge is that we have to make them want to pay again next year for something that does exist. So we hope that they really like what we did and want to carry on with it, that’s our biggest challenge.

You will have to prove that you were right.

Yeah, exactly. We’ve proven that we had the right idea, now we have to prove that we have the right product.

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NRC Next, where Wijnberg was an Editor-in-Chief.

I don’t know what the situation is like in the Netherlands, but do you think that the digital press has killed the paper press yet?

You see the same problem here: newspapers and magazines are declining, some of them are declining pretty rapidly. I don’t think the newspapers will survive because eventually the distribution of these newspapers is going to become too expensive. We’re a small country so the costs are pretty low, but even in Holland some parts of the country don’t even get delivered because it’s too expensive.

« The young readers really don’t buy newspapers anymore, they live online. Maybe in the weekends, if you want a book you’ll read it offline, but most of the time you read online. »

With digital, you have this great advantage that you can reach audiences anywhere, with a click on a button. It will eventually cause all these newspapers to migrate online but it’s a pretty slow process. I don’t know how it is in France, but here we have a pretty large range of newspapers. Their biggest problem is that their audience is becoming older and older. Here the average reader of a newspaper is sixty.

Yeah it’s almost the same problem here.

So in twenty or twenty-five years, they may all be dead. The young readers really don’t buy newspapers anymore, they live online. Maybe in the weekends, if you want a book you’ll read it offline, but most of the time you read online.

Is the press financed by the state in the Netherlands?

Some parts, yes. We have a public broadcasting television network. It’s pretty large. So that part is financed by the state, but newspapers and magazines aren’t.

What do you think digital media is best at?

You can tell stories a lot of different way. In video, in audio, with photo series etc; it’s multidimensional, if you compare it to paper. Online you have a lot more. More importantly I think there’s a much bigger advantage to online media, it’s very easy to relate to your audience. Not only can people comment very directly, but they can also give you sources, share their knowledge, share their expertise, so our biggest goal is to build a platform where people of all sorts can share their specific knowledge and experiences, so journalism isn’t just sending out but also receiving information in an easier way.

Let’s say we write about education: two hundred of our members work in a school, are teachers etc. They can tell us a lot more about education than just one journalist. This two-way interaction is very important. One of the reasons we chose our name is because there is the word “correspondent”: we correspond with the journalists. It’s almost completely impossible in paper newspapers or in television.

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Dutch press ? Not read by young people anymore.

You chose a name which is quite international, it’s the same in French, English. Do you plan on going international?

Yes, there would be two advantages to that. The same concept (expert journalists with their own following) could work anywhere because all countries have a “best group of journalists” – some of them are well-known, some of them are talented and young. So if you put these together it would work in any country. The second thing is that if you put them together, let’s say you have a correspondence platform in France, you could tie all these platforms together and eventually build a network of correspondences. If I’m very interested in French politics, why would I read a Dutch newspaper about French politics? I’d rather read the best French journalist writing about French politics on my own platform, instead of a Dutch one. So our dream would be that, as a Correspondent member, you could select the best journalists all over the world and follow them in their journey. But this is a long-term goal (laughs).

« We try to write pieces that are very urgent and very interesting today to read, about current events, but also would be interesting enough to read next week or even next month. I got this attitude towards journalism from philosophy. »

Can you draw a line between Nietzsche, Kant, Plato and your idea of journalism?

These are all very different philosophers. The most important connection between journalism and philosophy is… In one way, they’re very different. Philosophy mostly is about questions that are there forever: truth, beauty etc. These are never fully answered. These questions last a lifetime, and even beyond that. Journalism is about now: today, this week, what’s happening as we speak. Both have advantages. People always wander: what is the use of philosophy in my daily life? How does it help me today?

Journalism has the disadvantage of being interesting today but forgotten tomorrow. What is interesting today is forgotten next week. If you tie these together, if you take a little bit of the eternal value of philosophy and you put it together with the daily value of journalism, then you get a mix that makes journalism last a little bit longer. We try to write pieces that are very urgent and very interesting today to read, about current events, but also would be interesting enough to read next week or even next month. I got this attitude towards journalism from philosophy.

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À propos des auteurs

Julien Cadot

Julien CadotRédacteur en chef, responsable de la rubrique Science, technologie et futur. Techno-critique consciencieux, préfère élever la réflexion plutôt que la voix.

Arthur Scheuer

Arthur ScheuerFondateur et Directeur de publication.

Nicolas Prouillac

Nicolas ProuillacRédacteur en chef adjoint (Culture) – Auteur et cinéphile, car « le cinéma est une illusion qui rachète toutes les autres », comme aurait pu l’écrire Cioran s’il n’avait pas passé son temps à écouter Bach.



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