Gérard Depardieu a décidé de quitter son cher pays, la larme à l’œil et la valise pleine de billets sous le bras. Le lynchage dont il fut victime ne doit pas nous éloigner du véritable problème moral et économique que suppose l’exode des riches. Cette caste à part entière a réussi à mettre une partie des français de leur côté en utilisant les médias comme une tribune de défense de leurs intérêts égoïstes.
Après l’attaque frontale du premier ministre, beaucoup de Français ont pris la défense de l’acteur qui, une fois installé, pourra profiter tranquillement de ses millions accumulés sur le dos des Français (places ciné, DVD ou autres produits dérivés). Dans le même temps, le peuple, lui, continuera de payer sa TVA à 20%, sa CSG à 8% et le reste des impôts nécessaires au bon fonctionnement de la société. Mais si le premier ministre a eu raison de critiquer le départ de Cyrano., il est assez étonnant de voir le silence des socialistes face au départ de Bernard Arnault ou pire sur l’exil fiscal institutionnalisé des tennismen français. De « pauvres » sportifs encore à plaindre, formés par la bonne grâce des deniers publiques, qui préfèrent s’enfuir vers la Suisse, tandis que n’importe quel médaillé olympique continuera de trimer sans pouvoir vivre de son sport. Les impôts ont bon dos pour justifier les comportements anti-patriotiques. Espérons que le peuple français et le fisc n’oubliera pas Arnault et consorts.
Dans sa lettre, Gérard Depardieu nous explique payer 85% d’impôt sur ses revenus. Tachons de voir au-delà du discours démago d’Obélix et des autres fortunés français qui estiment ne pas avoir de comptes à rendre à la Nation. Et concentrons nous sur les faits et uniquement les faits. Les riches sont-ils en difficultés ? Peuvent-ils être imposés à 85% ? Ont-ils réellement des raisons de partir ? À toutes ces questions, nous répondrons tout simplement par la négative.
L’impôt pour les nuls !
Premier erratum de l’acteur, ses impôts 2012 sont imposés sur ses revenus de 2011, c’est à dire au barème de l’année précédente car il n’y a jamais de rétroactivité de la loi fiscale dans les faits. Or, en 2011, c’est le bouclier fiscal de Sarkozy qui est pris comme barème de référence. Dans ce cas, comme l’affirme la loi, aucun individu ne pourra être imposé à plus de 50% de ses revenus, ou, comme le disait si mal notre ancien ministre du budget Eric Woerth, « grâce au bouclier fiscal, les citoyens ne travailleront pas plus d’un jour sur deux pour l’Etat. » Comme si l’impôt servait seulement à payer des fonctionnaires rien de moins… et surtout rien de plus ! Haro sur l’impôt et sur ces dépenses publiques inutiles que sont l’éducation, la police, ou bien encore la justice… Donc, encore une histoire de faux discours pour convaincre les français que « rich is beautiful ! »
85% !! Et ils m’ont cru ! Hahaha
Ensuite, il s’agit de bien distinguer les cachets de l’acteur, 2 millions d’euros sur l’année environ, soumis au bouclier fiscal comme expliqué précédemment et les revenus issus de son patrimoine. Sur les 120 millions de son patrimoine, l’ISF a un taux extrêmement faible avec un taux maximal de 1,8%. Ensuite, les revenus qu’il tire de l’exploitation de ses restaurants seront taxés à 33% de l’impôt sur les bénéfices. S’il place une partie en actions, ses plus-values seront taxées à 20% environ et il paiera 0% sur ses plus-values immobilières. On comprend tout de suite mieux la vente de son hôtel particulier pour 50 millions d’euros. Alors, on pourra dire : « Oui, mais avec les 75% quand même ! » Une affirmation qui amène encore un petit rappel dont peu de médias se font le relais.
Tout d’abord, on parle d’un taux marginal, ce qui signifie que l’on taxe à 75% uniquement les revenus supérieurs à 1 million d‘euros annuel. Les autres revenus situés sous ce seuil étant imposés aux taux inférieurs. Et encore il s’agit de revenu imposable et non de revenu net. Or, sur une déclaration, on distingue très clairement les deux car le revenu imposable se calcule en fonction du revenu net sur lequel vous devez soustraire un ensemble de niches fiscales (environ 480) vous permettant de réduire d’autant le véritable revenu imposable.
Voilà ce qui explique que le vrai taux d’imposition de la milliardaire Liliane Bettencourt soit de seulement 14% de son revenu. Même Michel Sardou, bien qu’il fût longtemps domicilié à Miami, trouve normal de contribuer à l’effort national. En effet, rappelons à tous qu’il s’agit d’une taxe exceptionnelle d’une durée de deux ans. Au XVIIIe siècle, Condorcet pensait que « une taxe exceptionnelle, exigée une seule fois, si la crainte de la voir répéter, n’entre dans aucune spéculation, est réellement payée par celui-même à qui elle est directement demandée. »
Ensuite, on entend souvent les commentateurs, de droite évidemment, radoter que la France est le seul pays à avoir un impôt sur la fortune. Le seul… oui !… à côté du Luxembourg et de la Suisse ! « C’est la caractéristique de pays qui ont des points communs qu’on ne veut pas s’avouer » explique Olivier Riffaud, ancien inspecteur des impôts, devenu avocat fiscaliste.
Michel Taly, ex-directeur de la législation fiscale : « Pour les grands groupes, la France est aussi un paradis fiscal. »
Dans l’idéal libéral imaginé par Léon Walras au début du XXe siècle, l’impôt était destiné à être redistribué pour permettre à chacun de partir de la même ligne de départ. De sorte que chaque individu pût développer son véritable potentiel et son talent, au travers de cette course dont la ligne de départ est la même pour tous. L’impôt sur la fortune a, dès sa création, été défini comme un impôt taxant le stock de capital et non les revenus issus de son exploitation. Certains n’hésitent pas à dire que l’ISF taxe le capital « improductif. » En effet, la résidence principale est exonérée à 20% tout comme les biens professionnels. De plus, de nombreuses niches ont été créées pour que certains contribuables qui investissent dans l’économie soient exonérés d’une partie d’ISF.
Enfin, puisque les médias adorent regarder ce que nos voisins allemands font, on remarque que ces derniers imposent davantage les revenus issus du patrimoine que le patrimoine lui-même. Pourtant c’est la réussite que l’on devrait moins taxer et non la rente. Qui a tort dans cette histoire ? L’Allemagne qui taxe davantage l’exploitation du capital ? Ou la France qui lutte contre la reproduction des inégalités de patrimoine en taxant le stock ?
Bien sur que j’aime les frites, une fois !
Les allemands imposent davantage les revenus du patrimoine que la France, car ils intègrent dans le calcul de l’impôt sur le revenu, les revenus issus de la possession du patrimoine. Dans le cas de « l’impôt solidaire » mis en place par Angela Merkel en 2009, tous les revenus situés au-dessus de 100 000 euros (salaire et patrimoine compris) sont imposés au taux de 48% contre 19% par exemple pour les plus-values immobilières.
Terminons cette partie technique sur l’impôt avec ce classement de l’attractivité fiscale établi par le cabinet Pricewaters-House Coopers. La France se situerait à la 55e place sur 183 tandis que l’Allemagne se classe à la 88e place. Michel Taly, ex-directeur de la législation fiscale (un des plus hauts postes à Bercy), le dit sans détour depuis qu’il est avocat au cabinet Arsène Taxand : « Pour les grands groupes, la France est aussi un paradis fiscal. »
La vérité sur les riches !
Pauvres riches pour qui la France viendrait sanctionner la réussite et l’appât du gain ! Pourtant, sur ces dix dernières années, ce sont bien les plus riches qui ont profité des fruits de la croissance. Pour information, pour faire partie des 1% des Français les plus riches, il faut gagner l’équivalent de 7654 euros net par mois. Sachant que 50% des salariés gagnent moins de 1675 euros…
« Pendant que des millions de Français éprouvent des difficultés à trouver un logement à un prix décent, le capital immobilier, lui, se concentre entre des mains de moins en moins nombreuses. »
Cette minorité d’enrichis un peu à part, qui représente à peine 500 000 citoyens, s’accapare 5.5% des revenus d’activité, mais surtout 32.4% du patrimoine grâce à la forte valorisation de l’immobilier et des valeurs boursières de ces dernières années. Pendant que des millions de Français éprouvent des difficultés à trouver un logement à un prix décent, le capital immobilier lui, se concentre entre des mains de moins en moins nombreuses. Et ce d’autant plus que, plus on monte dans la hiérarchie des revenus, plus la part des revenus issue du patrimoine augmente. Ainsi, le patrimoine constitue 48% des revenus des 0.01% les plus riches.
Petite question ? Qui a vu ses revenus augmenter plus vite que la moyenne au cours de ces dernières années ? Les 1% les plus riches… encore une fois ! Ainsi, 33% de la croissance des revenus déclarés entre 2004 et 2007, profitent à 10% des plus riches et les 0.1% profitent de 46% de la croissance totale !
Ce surplus de revenu a servi à alimenter la spéculation immobilière (la part des propriétaires a baissé depuis 10 ans, ce qui signifie une concentration accrue de la propriété foncière) et mobilière (notamment les actions) qui est socialement (et économiquement) inutile ou inefficace.
Autre idée pour laquelle il ne faut pas plaindre les riches… Alors que le taux de prélèvement direct moyen d’un ménage est de 14.2% du revenu initial et que l’ensemble des ménages s’acquitte d’un montant des impôts directs de l’ordre de 10.8% de son revenu disponible brut (après transferts et impôts), le taux d’imposition des revenus des personnes à très hauts revenus (1%) est de l’ordre de 20%. Vous en voulez encore ? Sachez enfin qu’un quart des plus aisés (0.01%) a un taux d’imposition inférieur à 15% et un autre quart supérieur à 35%. « Mais, pourquoi partiraient-ils ? La France est un paradis fiscal », nous explique, un rien provocant, Olivier Riffaud.
Le problème, c’est les riches !
Petits Suisses
Condorcet pensait que « l’existence des grandes fortunes est nuisible par elle-même ; qu’il est utile qu’elles se rapprochent de l’égalité. » Une problématique totalement omise dans le débat sur la fiscalité des riches, car c’est la question de l’utilisation du revenu des plus aisés qui doit être posée. Depuis les années 70, les baisses généralisées de l’imposition du capital et des très hauts revenus n’ont jamais eu les effets économiques escomptés et ont davantage creusé les inégalités. Une étude de Piketty (2011), montre que, au lieu d’avoir stimulé la croissance, la baisse des taux supérieurs de l’impôt sur le revenu a surtout favorisé la création d’une rente alimentant les marchés obligataires ou boursiers, ainsi que les bulles immobilières et renforçant la captation de la rente. Si l’on en croît une autre étude récente de deux économistes américains, de tels changements de fiscalité ont peu d’effets sur le comportement des riches. Dans cette étude, se focalisant sur l’entre-deux-guerres, le passage à des taux d’imposition « prohibitifs », de l’ordre de 70-80% sur la dernière tranche, ne semble pas avoir un réel impact sur le comportement des riches qui ne se mettent pas à arrêter de travailler ou d’investir.
« Si les Français veulent créer une société de progrès [...] alors c’est l’ISF et l’impôt sur les successions qui doivent être mis en avant pour lutter contre la reproduction sociale. »
Si l’objectif, c’est de créer une société de rentiers, les Français ont alors raison de plaindre ces pauvres fortunes qui partent. S’ils veulent créer une société de progrès où chacun puisse avoir les mêmes chances de réussite en partant de la même « ligne de départ », alors c’est l’ISF et l’impôt sur les successions qui doivent être mis en avant pour lutter contre la reproduction sociale.
L’économie est un gâteau partagé entre les salaires et le capital. Depuis 30 ans, la part des salaires a baissé entre 3 et 5% tandis que celle du capital a augmenté dans les mêmes proportions. Une broutille de 55 milliards passée entre les mains des salariés vers ceux du capital sans effet favorable sur l’économie. Voilà le cœur du problème auquel chaque français devrait être attaché au lieu de défendre cette classe sociale à part, qui telle une oie, n’en finit plus de se gaver.
Pour les plus sceptiques d’entre vous, je vous laisse avec cette illumination de Paul Krugman, qui adresse un mea culpa salutaire pour s’être trompé pendant tant d’années sur la question des riches :
« Si vous voulez comprendre ce qui s’est passé concernant la distribution des revenus au XXIe siècle, vous devez arrêter de parler tellement de compétences et commencer à parler beaucoup plus de profits et de qui possède le capital. Mea culpa : je ne m’en suis rendu compte que récemment. Mais ceci est vraiment essentiel ! »
Boîte noire
- Tous les chiffres sur les riches et leur patrimoine en France.
- Pour comprendre pourquoi le système fiscal français est régressif lorsqu’on monte dans l’échelle des revenus.
- L’économiste Thomas Piketty nous explique pourquoi il faut taxer les riches.
- L‘interview de l’économiste et député européen Liem Hoang Ngoc à relire.


Manifestation du 5 mai : sous les pavés, la Rage
Belle synthèse que je m’en vais partager à ceux qui ose dire que l’impôt français est punitif et dévalorise la réussite. Merci !
(Vous êtes prof en université ? Si ce n’est pas trop indiscret)
« S’ils veulent créer une société de progrès où chacun puisse avoir les mêmes chances de réussite en partant de la même « ligne de départ » »
ha ha ha
ce n’est pas du mauvais communisme?
c’est marrant les pays de l’ancien bloc communiste utilisent quant a eux un impot a taux fixe.
en resumé les erreurs des autres ne nous apprennent malheureusement rien.
de plus on oublie vite que pour la plupart les riches ne sont pas devenus riches par hasard.
il est toujours plus facile de trouver des boucs emissaires afin de cacher sa propre incapacite a evoluer/a s’enrichir.
quittons les idéologies qui ont prouvés qu’elle étaient mauvaises, peu importe leur orientation et regardons juste les chiffres et les faits. Il doit y avoir une voie possible entre le communisme et une approche qui refuse de constater que la politique de baisse des impôts pour les riches (la théorie du ruissellement, il me semble) ne fonctionne pas…..
Non, c’est pas du mauvais communisme, c’est la devise fondatrice de notre république.
Oui, pour réduire les inégalités, et faire fonctionner une vraie « méritocratie » il est nécessaire de positionner les individus sur la même « ligne de départ »
Vous n’avez jamais entendu parler de Pierre Bourdieu ? (la reproduction des élites, ce genre de chose…)
@le_butch c’est marrant, une société où chacun aurait la même ligne départ, c’est ce qu’on appelle « l’égalité des chances », et ça n’a rien d’un mauvais communisme. L’égalité des chances est le nouveau mythe (au sens premier), sur lequel se sont battis les sociétés libérales modernes.
Les communistes étatistes au contraire avaient tendance à bloquer l’accès aux études aux enfants d’intellectuels. C’est ça un modèle coercitif égalitaire.
Pour développer un peu, l’égalité des chances, c’est l’abolition des privilèges, c’est à dire des positions héritées (corps de métier, position politique, avantages en droit …) pour les rendre accessibles à tous. C’est donc avant tout l’égalité en droit, ou égalité devant l’Etat : l’article 1 de la DDHC.
Or, comme Bourdieu l’a démontré, l’égalité en droit n’est pas l’égalité tout court, tout simplement car le capital social/financier/culturel permet une très forte reproduction des élites et qu’ainsi, l’ascension sociale, qui devrait statistiquement être élevées en « méritocratie » est surtout un phénomène extrêmement marginal (du moins lorsqu’elle est conséquente).
Pour aller plus loin, on pourrait même se pencher sur les travaux de Max Stillner qui montre qu’égalité en Droit (ou même égalité face à la « Société » comme les communistes le prônent) et Egalité entre individus sont antinomiques !
Mais je laisse ça pour une prochaine fois …
La flat tax ou comment essayer de faire passer un mauvais système dont même la terre mère du libéralisme (les Etats Unis) ne veut pas ! Ou bien diront nous aussi, comment faire que le capital accumule toujours plus au détriment des autres…
A l’origine c’est l’idée de « trop d’impôt, tue l’impôt »… vous connaissez surement cette fameuse courbe de Laffer. Celle que beaucoup de commentateurs nous sorte pour justifier du poids trop important de l’impôt. Pour rappel, jamais il n ‘a été prouvé de façon empirique cette théorie, si ce n’est sous des hypothèses extrêmement restrictives en ce qui concerne l’élasticité du revenu à l’impôt. Le dernier article de Piketty que je cite, montre que cet effet n’a jamais existé. Et puis rappelons que cette idée a comme origine, un dessin sur une nappe lors d’un dîner organisé en décembre 1974 entre Wanniski (journaliste), Laffer (université de Chicago), Donald Rumsfeld (à l’époque directeur de cabinet du président Gerald Ford) et Dick Cheney (alors adjoint de Rumsfeld et ancien condisciple de Laffer à Yale) en décembre 1974. Quand on parle de théorie, mieux vaut savoir comment elle est construite.
À quoi bon faire une flat tax pour favoriser l’épargne des classes aisées, alors que c’est cette épargne qui crée la rente sans être dirigé vers l’investissement. On est dans un mauvais remake de l’analyse de JB Say « l’offre crée sa propre demande »… qui est surement une des plus grosses âneries que les économistes ont inventé sans parler des effets anti redistributifs d’une telle taxe… alors que les inégalités se creusent entre les 1% et les autres…
Et puis attention, regardons les exemples de démocratie dans les pays qui ont adopté une flat-tax : russie, slovaquie, géorgie… que de beaux pays démocratiques où le taux de pauvreté atteint des niveaux records depuis la fin du mur (non je ne suis pas un coco nostalgique).
http://attac-finistere.infini.fr/IMG/pdf/PrelevementsObligatoires.pdf. Si pour toi une meilleure société est celle avec un taux de pauvreté plus élevé… ce n’est pas le mien
Il arrive parfois que le but dans la vie d’un individu soit de vivre avec ses convictions et l’envie de les faire partager. Voilà ma richesse personnelle. Mes amitiés rageuses @www.ragemag.fr
« Mettons nous en situation: l’histoire à l’air à boire, et pourtant, il n’y pas que le coude qui va travailler…
Imaginons que tous les jours, 10 amis se retrouvent pour boire une bière et que l’addition totale se monte à 100€. Normalement, cela ferait 10€ par personne).
Mais nos dix amis décidèrent de payer cette facture selon une répartition qui s’inspire du calcul de l’impôt sur le revenu, ce qui donna à peu près ceci :
• Les 4 premiers ne payeraient rien. (les 4 plus pauvres selon le système que nous connaissons… NDLR)
• Le cinquième paierait 1€
• Le sixième paierait 3€
• Le septième paierait 7€
• Le huitième paierait 12€
• Le neuvième paierait 18€
• Le dernier devrait payer 59€ (le plus riche selon le système de prélèvement par « niveau »… NDLR)
Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblaient assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour où le tenancier les plaça devant un dilemme:
« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20€ sur la facture totale. Vous ne payerez donc désormais vos 10 bières que 80€. ». Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20€ de remise de façon équitable? Ils réalisèrent que 20€ divisé par 6 faisaient 3.33€.
Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6ème homme devraient être payés pour boire leur bière. Le tenancier du bar suggéra qu’il serait plus équitable de réduire l’addition de chacun d’un pourcentage du même ordre, il fit donc les calculs.
Ce qui donna à peu près ceci :
• Le 5ème homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien. (1 pauvre de plus?)
• Le 6ème paya 2€ au lieu de 3€ (33% réduction)
• Le 7ème paya 5€ au lieu de 7€ (28% de réduction)
• Le 8ème paya 9€ au lieu de 12€ (25% de réduction)
• Le 9ème paya 14€ au lieu de 18€ (22% de réduction)
• Le 10ème paya 50€ au lieu de 59€ (16% de réduction) (la plus grosse en montant, mais par forcément en pourcentage… NDLR)
Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie : « J’ai seulement eu 1€ sur les 20€ de remise », dit le 6ème, il désigna le 10ème «lui, il a eu 9€». « Ouais ! dit le 5ème, j’ai seulement eu 1€ d’économie »
« C’est vrai !» s’exclama le 7ème, «pourquoi aurait-il 9€ alors que je n’en ai eu que 2€? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction »
« Attendez une minute » cria le 1er homme, «nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres ». Les 9 hommes cernèrent le 10ème et l’insultèrent.
La nuit suivante le 10ème homme (le plus riche donc…) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quant vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition…
Et voila, peu ou prou, comment fonctionne le système d’imposition que nous connaissons actuellement, avec des valeurs, et des rapports, que d’aucun d’entre nous doit pouvoir comprendre… Alors, la prochaine fois que vous décriez une baisse d’impôt pour les « plus riches » (ceux qui déboursent le plus à aujourd’hui), buvez une bière, et rappelez vous de cela avant de crier au scandale… »
Etant totalement idiot je ne répondrai pas avec mes propres mots.
Si ce n’est votre photo twitter qui en dit long sur votre pseudo-intellectualisme parisen redresseur de tort, je ne vous en veux pas. Vous n’êtes seulement un professeur d’université blasé par le faible casher que vous touchez parallèlement à l’estime démesurée que vous avez de vous meme.
Sauf que le «riche» de l’histoire ne pond pas plus les richesses que ceux du monde réel.
Et que sa richesse, il l’a eu en prélevant plus du circuit économique de la société que les pauvres qui l’accompagnes.
Si demain il part, et n’a plus accès au circuit économique qu’il ponctionnait jusqu’à présent, non seulement il n’est pas prés s’enrichir plus, mais le prélèvement qu’il réalisait est de nouveau en circulation.
«le barman, puisque son fournisseur a changer [et que le nouveau fait une marge plus raisonnable] baisse ses prix en proportion. De même, les plus pauvres, voyant leur salaire augmenté (avec quelle argent? mais celui que le riche n’a pas pris pour lui!) peuvent payer plus au barman, et tout le monde y gagne. Parce que celui qui quitte ses potes pour des histoires de pognons alors qu’il en a plus qu’il n’en utilisera jamais, c’est pas une grosse perte.»
On rappellera au passage que le bénéfice est la partie du travail non payer a l’employé, et que le grand patron, ne créerait pas de richesses seul, alors que ses employés, si.
Une baisse d’impôt pour les riches n’amène que plus d’argent dans les poches des riches. RIen de plus pour les pauvres : en effet, la « bière » ( cad : tout ce que permet l’impôt : politique solidaire, entretient, paiement des fonctionnaires et des services publiques… enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre, l’analogie étant mauvaise) sera juste de moins bonne qualité et moins chère. Les pauvres n’auront pas à payer plus.
Outre l’attaque ad hominem sur l’auteur (qui vous décrédibilise en fin de pavé, c’est bête, mais c’est justement à l’école gratuite et républicaine que l’on apprend l’argumentation).
Vos arguments sur « les anciens pays du bloc soviétique… » on un taux d’impôt fixe.
Monsieur, d’une part, il existe un juste milieu entre capitalisme financier sauvage et communisme soviétique : regardons notre histoire mondiale : sous Roosevelt, la tranche de taxation la plus haute était de 90%, et les riches restaient riches. Et la démocratie relativement démocratique.
Non, une baisse d’impôt pour les riches (phénomène qui n’intervient globalement que depuis les années tatcher et reagan) n’amène rien, si ce n’est plus d’inégalités (ici, vous pourrez chercher des chiffres qui le corrobore à l’OCDE, ou lire du Chomsky, professeur au MIT, donc surement un petit hipster).
Ou on peut aussi aller regarder au moyen âge, les méthodes judiciaires et les appliquer, vu qu’elles font parti de notre histoire mondiale.
Citer une référence historique est inutile, le monde évolue, et heureusement.
De même, il faut cesser avec cette image du riche qui ne pense qu’à s’enrichir, et faire dormir son argent sans le dépenser dans un compte en Suisse.
Alors oui, certains le font, tout le comme le français moyen peut épargner, mais certains emplois des gens pour faire garder leurs enfants à temps quasi complet, ou encore du personnel de maison, etc.. Certaines baisses d’impôt permettent ce genre de chose.
De plus, une taxation a 85% est théoriquement possible, mais il est beaucoup plus simple de prouver que non, et c’est beaucoup plus bien pensant.
Mes amitiés à BHL.
« il faut cesser avec cette image du riche qui ne pense qu’à s’enrichir, et faire dormir son argent sans le dépenser dans un compte en Suisse ». Il me semble que pas une fois je fustige la réussite. Mon propos s’articule autour du discours sur l’impôt qui est extrêmement mal posé. On peut réussir, être riche tant que cette réussite est partagée car elle n’est jamais le fruit d’un seul homme mais d’un ensemble d’éléments indépendants (talent, chance, opportunité, réseau, héritage, infrastructures, facilités politiques dans le cas d’Arnault, Tapie ou même Pinaud, cf. http://www.monde-diplomatique.fr/2003/12/TOSCER/10865). La taxation à 75% par exemple ne concerne que les individus qui gagnent 100 000 euros par mois de « revenu imposable ». Citez moi un nouveau entrepreneur, aussi dynamique qu’ils soient qui peut payer un tel impôt dés ses premières années d’activité? Personne en fait. A t-il une dette envers la société? Evidemment ! Car l’impôt est le socle d’une société démocratique. ce sont les impôts qui financent l’éducation de ses salariés, qui les soignent (sans que l’entreprise ait à prendre en charge sa couverture maladie en souscrivant à une assurance privée), construisent les routes,assurent la sécurité, voir qui subventionnent la baisse des cotisations patronales lorsqu’il paye ses salariées jusqu’à 1,6 fois le smic! Dans mon article je tente d’expliquer que c’est le patrimoine, la rente qu’il faut plus taxer.. pas les revenus issus du patrimoine qui peuvent être ceux de la réussite. Pourquoi Bettencourt touche des dividendes alors que l’Oréal peut parfaitement se passer d’elle? Cette rente a augmenté sans alimenter le circuit économique. Elle est là l’aberration et l’impôt est le sel instrument à même de rétablir un certain équilibre entre ce qui est mérité et ce qui est hérité.
Au début je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’une mauvaise blague de comptoir (sans mauvais jeux de mots évidemment!) Mais apparemment vous prenez cet exemple comme réponse infaillible à mon article. Sachez qu’au delà d’avoir déjà fait le tour ds toutes les boites mails du monde, cette analyse est complètement biaisée. Il faut rappeler que l’impôt se calcule en fonction de taux marginaux progressif et non de taux proportionnel en fonction des revenus. Enfin si vous aviez lu correctement l’article vous auriez observé que pour le « 10ème », le taux d’imposition est régressif en France. Alors soit j’ai touché votre amour propre en démontrant qu’il y a une caste de très très riches inutiles à la France, soit vous devez être (tout comme moi d’après vous) frustré de ne pas appartenir à cette caste… dans les 2 cas, votre attaque personnelle sonne creux dans mon esprit de petit prof frustré car j’aime souvent dire à mes étudiants « quand on ne sait pas on s’abstient »… alors abstenez vous de jugez l’homme et trouvez de véritables arguments, vous en sortirez grandit.
Un gars qui a 50 millions d ‘euro , travaille dur pour investir ses fonds et trouve 4% de rentabilité en finançant des projets et en réalisant des plus values .
Son « profit » est de 2 millions d ‘ euro .
Ses impôts sont de 45% ( tranche marginale , on oublie le taux à 75% annule ) + 15.5% = 60.5 %. , grossièrement son impôt est de 1.2 millions . Son ISF. Est de 1.8% du patrimoine , soit 900.000 euro .
Son profit net d’ impôt est négatif : – 100.000 euro par an pour un gars qui a 50 millions et qui fait travailler son patrimoine .
Le même gars à Dubaï est au champ tous les jours , sac channel et escarpins Louboutin pour sa chérie , Lamborghini pour ses déplacements , …. Et il pourra en plus avoir de l’ argent pour investir dans des projets locaux qui créeront de l’ emploie .
Entre le riche qui part et celui qui reste
Lequel est un salaud ? Lequel est un con ?
Un pays pour se développer à besoin de talents humains de tous horizons et de capital financier , et à besoins que ces talents puissent s’épanouir . Fiscalité , insécurité , pauvreté , ineptocratie sont contraires au développement de la prospérité .
Vous confondez revenu et revenus du capital qui ne sont pas calculés sur la base de l’IR. Vous parlez en taux facial alors que l’existence des niches fiscales évite justement d’imposer l’ensemble du revenu des individus avec le vrai barème. Par conséquent votre calcul sur l’IR et l’ISF ne tient plus, et ce d’autant plus pour l’exemple « quatarien » que vous prenez puisque ce dernier bénéficie d’une exonération d’impôt sur les plus-values de tous les investissements immobiliers réalisés dans l’Hexagone. De plus intégrer l’ISF dans le profit net de l’individu est un non sens puisque la valeur du patrimoine n’a rien à voir avec l’évolution de ses revenus du patrimoine. Indiquons que ce dernier (par définition) augmente au fur et à mesure des années. Il pourra ainsi toujours bénéficier de la plus value sur son patrimoine lorsqu’il sera vendu. Enfin, j’ai expliqué dans l’article qu’il vaut mieux taxer le patrimoine fixe que les revenus du patrimoine si on veut encourager la réussite et non la reproduction sociale. Après savez vous au moins combien de personnes peuvent se targuer d’investir 50 millions d’euros?! Vous pensez vraiment que la majorité des entrepreneurs ou investisseurs puissent accumuler autant au cours de leurs vies? Le patrimoine moyen d’un français est de 230 000 euros. Pourquoi toujours prendre des cas extrêmes pour justifier des comportements qui sont négatifs pour l’ensemble de la société puisque les fruits de la croissance ont été accaparés dans une plus forte proportion par les 1% des plus riches? Au nom de quel principe d’efficacité économique?
Si la fiscalité est d’après vous contraire au développement de la prospérité (voir les contre exemples nordiques), elle est un pion essentiel de la démocratie et la solidarité nationale… et elle permet également d’irriguer l’activité vers ceux ont une propension à consommer forte au détriment de ceux qui ont une propension à épargner forte, à l’instar de ce qui a été fait (et qui a fonctionné) après1945.
Merci de votre réponse .
Toutefois , je suis en désaccord fort avec vos arguments . La discussion est née des conséquences fiscales pour un individu avec 50 millions d’ euro en patrimoine et du bien fondé moral de la fiscalité .
Un individu avec 50 millions de cash sera fiscalise à 100% ( ISF et ir ) . Par revenu j’integre dividende , loyer et plus values sur le patrimoine .
Le nombre d’individus avec 50 millions est plus élevé que les chiffres de l’Isf ne le laisse penser . J’en connais au moins 15 dont 5 sont des amis ( société cotée pour l’un , boîte techno vendue pour un second , patrimoine immobilier familial pour un troisième , patrimoine immobilier construit à coûts d’emprunts agressif pour un quatrième , gestionnaire de véhicules financiers pour le cinquième ) .
Quel est le mérite pour avoir 1 milliard , 100 millions ou même 10 millions de patrimoine ? Assurément limite et il n’est pas en rapport avec le patrimoine , pas en rapport avec les revenus d’une infirmière , d’un ouvrier ou d’un agriculteur produisent avec leur travail .
Toutefois , cet argent , ils l’ on gagne ( pas volē sauf à relire Proudhon… ) et il est en grande part investi dans l’économie ( sociétés commerciales , immobilier , actions , obligations , …) et pas dans l’objet de s’acheter des diams et des Rolls .
je suis ok avec vous sur la notion de mérite . Toutefois deux questions se posent :
- Pouvons nous les taxer ? : la réponse est négative . Nous sommes dans un monde ouvert et comme disait DavidRicardo en 1814 dans « Principes de l’économie politique et de l’impôt » : « Le désir de transporter sa personne et son capital dans un autre pays où on soit exempt de pareilles charges devient à la longue irrésistible et finit par vaincre la répugnance naturelle que tout le monde éprouve à renoncer à son pays natal et aux objets de ses premières affections. Il y a des bornes aux sacrifices d’argent que les particuliers peuvent consentir à faire continuellement pour le seul privilège de pouvoir vivre dans leurs pays natal….. »
- Est ce opportum de les taxer ? Encore non . Les notions de plaisir , d’envie et de gratification conduisent l’action des individus . Chacun peut répondre à la question : « pourquoi travailles tu ? » et la réponse ne sera pas altruiste . Elle sera égoïste et c’est très bien ainsi . Cela s’applique au riche comme au pauvre .
Le chef d’entreprise qui n’a plus envie cessera d’investir ( de jouer au Monopoly) et ce sont plusieurs maisons , plusieurs hôtels qui ne verront jamais le jour sur la rue de la Paix avec les employés et le bien être sur l’économie que leur construction emporte . Penser qu’une société d’économie mixte s’y substituera plus brillement est un leurre .
Notons aussi que le rêve de faire fortune est un moteur puissant de la dynamique humaine ( voir également dans le même. Chapitre casino , loto , pmu )
- Est ce moral de les taxer ? Ces individus sont souvent programmes depuis l’enfance à produire et à travailler . Cette taxation extrême (75%) n’est pas l’équivalent,par exemple , de la Zakat que tout musulman doit donner , c’est une spoliation qui s’interpréte comme une sanction de l’individu . La négation de son rôle sociétal . On ne sanctionne pas les sexualités différentes ou excessives , on ne sanctionne pas les modes de pensée alternatives ou extrêmes , on ne sanctionne pas les individus qui ne travaillent pas , …. Pourquoi sanctionner ceux qui réussissent ?
Bref , non , la fiscalité extrême m’est pas justifiable , et ce sous aucun angle , même si l’accumulation de patrimoine par quelques uns n’est pas souhaitable .
n’étant ni fiscaliste , ni amateur de Depardieu , ni à taper sur les salauds de riches , je me contanterais de lire cet interessant graphique qui nous montre grosso modo que l’impôt n’est jamais proportionnel et encore moins quand on gagne très bien sa vie !
de plus un salarié lambda n’a pas les moyens de se payer un fiscaliste , voir de faire des dons pour faire baisser sa note à Bercy !
peu être que la solution serait de taxer de façon proportionnelle du plus petit au plus grand des revenus !!
une chose est sûre l’impots emmerde tout le monde mais est malgré tout nécessaire donc nos politiques devraient le reste plus juste ceux qui ont beaucoup devraient payer plus mais pas non plus se faire saigner , rappelons nous que dans les bons revenus il y a des gens qui ont pour certains sacrifié leur vie à monter une boîte , avoir des salariés de longue date qu’il respecte et que toutes les fortunes ne se sont pas faites avec des spéculations ou des rentes familiales !!