Du pain et des jeux : les Satires de Juvenal et le sport

Publié le 16 juin 2013 à 14:39 | par Alain Deneault | 0

Un chroniqueur sportif montréalais a intitulé sa chronique Du pain et des jeux, sans qu’on sache encore s’il s’agit d’un trait d’humour noir ou d’ignorance.
Devant la récupération satisfaite de l’expression qu’il a conçue, le satiriste Juvénal s’écrierait cette fois : « difficile de ne pas écrire de satires » !

Juvénal

Bestiaires et gladiateurs ©Agnès Vinas

À l’époque décadente où Rome était cirque, le polémiste dépeignait précisément la ville autour de l’attrait qu’y exerçaient le sport et l’argent facile. Ses Satires du IIe siècle de notre ère ne sont pas sans comporter de frappants éléments d’analogie avec notre époque. Elles nous rappellent que le sport, comme spectacle donné au cœur de la ville, vise davantage à nous couper de la vie urbaine qu’à nous y rattacher. Il s’agit d’une transposition des dynamiques sociales sur un registre factice susceptible de les neutraliser. La ville pourra se vouloir hockey à loisir, tant qu’elle se fera la réalisation ontologique du poncif « Du pain ! Des jeux ! », elle n’aura plus rien d’une ville.
On aurait tort de réduire les Satires de Juvénal aux charges misogynes et xénophobes qui les motivent parfois ou à la dénonciation atrabilaire d’un monde excédant le cadre de l’ancienne morale. Ou d’y lire seulement un collier de diatribes contre un ordre où l’argent domine les rapports sociaux et corrompt les esprits ; où les règles civiques se renversent ; où les maîtres éperdus dans d’ostentatoires dépenses laissent leurs esclaves souffrir du froid ; où la vie à crédit repose sur le vertige d’un maigre patrimoine sans cesse hypothéqué ; où les voyous sont honorés ; où les hommes s’habillent en femmes et les femmes parlent comme les hommes ; où la pédanterie règne avec aplomb et où toute codification sociale se trouve déréglée … Certes, une carnavalisation du monde tient lieu de rapports collectifs :

« Quels mots pour dire combien j’ai mal au ventre de rage quand je vois le peuple bousculé par des cohortes de clients d’un spoliateur qui a foutu son pupille sur le trottoir ou d’un homme condamné par la Cour ?… Et après ? Où est le déshonneur puisque les sous sont sains et saufs ? » 1

S’oublier dans les jeux : le sport à l’heure du paraître et de la déresponsabilisation

Ragemag Soulcié Du Pain et des Jeux

Dessin : Thibaut Soulcié ©Ragemag

Bien davantage, quant à la position centrale du cirque dans la cité, Juvénal décrit le moment d’une forclusion collective, c’est-à-dire le moment où toute une communauté cesse de traduire, dans un ordre symbolique ou sémantique, tout questionnement historique, au profit d’une spectacularisation délirante qui fait écran. Armures clinquantes et gros sabots : il n’y a là plus rien de significatif à voir. Hallucination faite spectacle public ou théâtre de la cécité, le sport supplée auprès de la collectivité urbaine l’effort qu’il lui faudrait fournir pour traiter les mutations événementielles du réel historique. En termes politiques plus que psychanalytiques, Juvénal dénonce la déresponsabilisation collective dont font preuve ceux qui s’engouffrent dans le Colisée afin de différer la prise de conscience de leur évolution historique.

« Le cirque, comme le jeu, trahit dans l’époque une perte de sens bien plus qu’une seule transformation morale. Et l’absence de responsabilité qui leur est relative condamne les insouciants du stade à des actes de nette folie. »

L’expression bien connue panem et circenses2, devenue un poncif pour nous n’est qu’une des références au « cirque » que multiplie Juvénal. Le cirque, comme le jeu, trahit dans l’époque une perte de sens bien plus qu’une seule transformation morale. Et l’absence de responsabilité qui leur est relative condamne les insouciants du stade à des actes de nette folie.

« Du jamais vu, la passion du jeu à ce point ! On n’amène plus son porte-monnaie, on risque son coffre-fort ! Bataille épique où le croupier fournit les munitions ! » (in Juvénal, La Décadence, Paris, Arléa, 1990)

Ce n’est pas seulement la mort des métiers honnêtes que pleure le satiriste – ces joueurs de cor qui attiraient avec goût les citoyens vers les arènes municipales – mais l’ivresse d’un argent hors des gonds de la rationalité, géré par les coteries autour des temples, des ports et des cours d’eau. C’est au cirque que les potentats
« donnent des jeux et quand la foule crie : “À mort !”, ils abaissent le pouce et tuent pour être populaires » (Ibid., p. 140). Le spectacle valorise abusivement les puissants qui l’organisent.
Donc : non pas tant s’attrister de voir évoluer les motifs de l’honneur que constater l’arbitraire par lequel se distribuent les honneurs : « Ah, la jeunesse dorée dont les papas sont gladiateurs ! C’est la loi qui veut ça : les meilleures places pour les classes les plus riches » (Ibid., p. 45). Aucun mérite particulier ne fonde cette hiérarchie. On naît dans un bordel, mais on revendique la meilleure place sitôt qu’on porte les flamboyants habits déclassant quiconque affiche d’ostensibles cicatrices. Ce cirque des apparences s’impose comme le fait d’une vaste ironie où le second degré est orphelin du premier, un carnaval qui se déploie en marge de rien à longueur d’année. C’est parce que ce jeu d’apparences ne fonde ni ne réfère à aucune activité sociale qu’on cherche à s’y engloutir. Il pare aux inquiétudes qu’entraîne l’absence de logique qui définit l’époque. Cercle vicieux de tout ce qui tourne dans les rondeurs de l’arène, le cirque donne sa consistance ultime à un monde qui s’y trouve parodié.

Juvénal

La course de chars au Colisée

Les élites romaines soumises à la passion des jeux

Pour pouvoir assister aux jeux du cirque, Ogulina loue tout ce qu’il faut : habits, escorte, chaises à porteurs, coussins, copines, nourrice, bonniche blonde à qui donner des ordres. Sans compter qu’elle distribue à des athlètes les restants du patrimoine de papa ! À la maison, elles sont nombreuses à se serrer la ceinture, mais dehors, aucune n’a la pudeur de sa pauvreté et n’accepte les limites que celle-ci lui impose (Ibid., p. 72).

Le public du cirque trouve dans le spectacle un écran devant l’angoisse que lui fait éprouver un monde allant à vau-l’eau précisément parce qu’il s’en déresponsabilise… Cercle vicieux de la forclusion, le Colisée se donne comme l’institution protégeant ses sujets d’un vide qu’il contribue à générer, à l’image des stades contemporains émergeant sur des sites de banlieue et s’ouvrant sur un vide sidéral (voir in Marc Perelman, Le stade barbare, Paris, Mille et une nuits, 1998 ou, du même auteur, L’ ère des stades. Genèse et structure d’un espace historique, Paris, Infolio, 2010). Cette rupture exponentielle du lien social s’observe à travers la mise en spectacle de soi-même dans les rangs du Colisée. Celle-ci désarrime le sujet de ce qui constitue sa matérialité historique élémentaire. Le champ de visibilité du cirque relègue à l’invisible l’ordre à partir duquel le lien avec l’histoire devait devenir possible. Le cirque anesthésie de façon palliative la psyché contre les souffrances qu’entraîne un monde devenu sens dessus dessous. Tout est ensuite affaire de volonté et de stratégie pour rompre avec cette drogue. Jouit-on à la campagne d’une alimentation meilleure et abondante, de maisons plus solides et plus grandes, de risques d’agression et d’incendie considérablement atténués, qu’on hésite à s’y rendre.

« Cercle vicieux de la forclusion, le Colisée se donne comme l’institution protégeant ses sujets d’un vide qu’il contribue à générer, à l’image des stades contemporains émergeant sur des sites de banlieue et s’ouvrant sur un vide sidéral. »

« Si tu es capable de t’arracher aux jeux du cirque » (in La décadence, p. 46), ces avantages te seront conférés… Là est tout l’enjeu si on souhaite recouvrer la raison pour prendre la décision cohérente de partir. Lorsqu’il est trop tard, que l’illusion s’effondre et que la faillite nous gagne, les créanciers hurlent et notre magnificence s’évanouit. Là aussi, dans l’exil forcé, c’est encore de l’impossible fréquentation des jeux qu’on souffre. Décamper pour cause de faillite n’est pas plus honteux, de nos jours, que de quitter son taudis pour aller dans les beaux quartiers. Leur seul regret, leur seul chagrin, à tous ces exilés loin de la mère patrie : finis les jeux du cirque pendant toute une année. Quant à rougir, vous voulez rire ? À Rome, la honte n’est plus de saison (Ibid., p. 94).

hervé

Création ; Hervé Perdriel ©Ragemag

L’expression du pain et des jeux, que l’histoire a retenue, y résonne comme le fait d’une élite qui distrait stratégiquement la plèbe et ses autres administrés pour s’occuper sereinement des affaires du monde. Pourtant, s’il revient aux riches de divertir les pauvres, ils n’en restent pas moins dominés eux-mêmes par leur propre mise en scène sportive. Ce retournement carnavalesque les emporte autant que quiconque et ils n’en sont les maîtres d’œuvre que pour se duper eux-mêmes. C’est ce que suggère en effet la dixième Satire, par cette exclamation : « le pain et les jeux », qu’elle attribue au préfet Séjan. Juvénal narre alors les déconvenues de celui qui fut le

plus influent des citoyens romains. Au moment où des rivaux le destituent au motif de fausses accusations et s’apprêtent à le condamner à mort, ce puissant appelle à l’aide son peuple, pour finalement le découvrir impuissant parce que fasciné par ses distractions.

« Que fait ce peuple magnanime ?
Adorant la fortune, il maudit la victime. Stupide, dans un repos fangeux
Il ne demande plus que du pain et des jeux. » 3

On peut certes lire cette tirade comme le constat d’une impuissance populaire face à l’histoire, du fait de diversions qui font autorité sur elle. Dans l’esprit général de l’œuvre toutefois, il s’agit plutôt de présenter tel un retour de balancier cette dissipation populaire nuisant soudainement aux intérêts d’un chef. Les riches passent alors pour responsables de leur propre malheur. La morale tend à indiquer que les riches qui se perdent eux-mêmes dans la folie des jeux entraînent l’ensemble de la collectivité dans une incohérence qui la met en péril.

Le seul débat autorisé au peuple est sportif

Juvénal

Le Colisée, le lieu de tous les supplices

Par le prisme de la citation fétiche des Satires, on a critiqué le sport de diverses manières dans l’histoire. Que ce soit à droite, où une caste élitiste voudra détourner la populace des spectacles pour la remettre au travail, sinon la dresser dans l’armée, ou à gauche, où on considérera le spectacle, voire la pratique du sport, comme un détournement indu du potentiel révolutionnaire des peuples. Foin de ces distinctions ! Les Satires voient de toute façon dans le sport le terrain d’entente entre une collectivité qui se désintéresse de ses responsabilités historiques sitôt qu’elle n’en comprend plus la teneur et se sent dépassée, et une classe dirigeante qui ne demande pas mieux qu’on la laisse mener seule, et à son avantage, les affaires du commun, quitte à ce qu’elle s’abuse elle-même à travers ses représentations ludiques. D’où cette interprétation pondérée de Paul Veyne :

« On pose que l’idéal humain est celui d’être citoyen autonome ; tout homme devrait faire de la politique et ne pas laisser le gouvernement la faire sans lui. Or, les hommes ne sont pas conformes à cet idéal. […] Puisque c’est aux dirigeants que l’apolitisme profite le plus, n’en sont-ils pas les auteurs ? Ne donnent-ils pas du cirque pour cela ? C’est prendre une conséquence voyante de la dépolitisation augustéenne pour une cause. » (in Paul Veyne, Le pain et le cirque, p. 93-95).

« Plus qu’un simple divertissement, le théâtre du sport met en scène des poncifs constituant ensuite le langage commun et qui berce son assurance commanditée par les puissants du jour. » 

Il est entendu que les dirigeants financiers et politiques ont tout avantage à convenir de ces dispositions sociologiques, en offrant, en commanditant et en célébrant ces penchants populaires. D’où l’érection de symboles monumentaux de l’esthétique sportive sur les parvis des stades, d’où l’organisation commentée à l’infini d’« événements sportifs » dont le caractère programmé en fait des oxymores, d’où l’idée que la ville est hockey. À la monstration de la stricte prestation athlétique s’ajoute sur la scène du sport la rumeur des idéologèmes de l’heure. Plus qu’un simple divertissement, le théâtre du sport met en scène des poncifs constituant ensuite le langage commun et qui berce son assurance commanditée par les puissants du jour. Ce sera, de la fin du xixe siècle à aujourd’hui, le militarisme et l’eugénisme, l’esprit d’obéissance et le darwinisme social, le nationalisme et le racisme, le culte de la performance et le dépassement de soi, la réussite individuelle et la monétarisation du succès. Toujours sur la toile de fond du patriarcat et de la misogynie.

Juvénal

Londres 2012 : le rassemblement des peuples à l’heure sportive

C’est de ce spectacle que le commun se sentira le plus habilité à parler, car son point de vue sur la chose est sans conséquence sur un réel historique dont il ne cherche précisément plus à se responsabiliser, tellement il est en phase avec lui. La vie sociale mise en scène dans le monde merveilleux du sport offre également l’avantage de n’exiger qu’un nombre minimal de prérequis. En regard d’un monde qui va se complexifiant, et dans un régime politique où l’expert en toute chose jouit désormais d’une crédibilité plus grande que le législateur ou le tribun, on finit par se conforter dans une esthétique sportive qui nous ramène à l’élémentaire. La simplification du monde par le spectacle sportif permet ainsi un investissement pulsionnel ne se réduisant donc pas au seul fait d’hurler dans les stades. Au contraire, elle permet de réfléchir, d’extrapoler, d’opiner et de débattre plus qu’on ne se juge autorisé à le faire lorsque vient le temps de commenter les déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec, la domination outrancière de forces capitalistes subventionnées en temps de crise ou la transformation du Canada en un paradis réglementaire du secteur minier soutenant des entreprises parfois criminelles.

Les élites et le peuple sous le joug de la déresponsabilisation

Confinée à la vanité de débats qui ne comportent pas de conséquences historiques réelles, cette énergie excédentaire reste sans suite aux yeux du régime idéologique qui organise ces jeux et leur donne une signification intéressée. Le comble de cette logique apparaît dans la décision du premier ministre conservateur Stephen Harper de proroger les travaux du Parlement canadien en 2010 pour permettre aux autorités politiques de se livrer à fond aux effets de propagande en vigueur dans le contexte des Jeux olympiques de Vancouver, très exactement comme si ce spectacle à grand déploiement constituait une affaire d’État. La catharsis en cause est perverse dans la mesure où, permettant certes l’expression de pulsions dans le cadre d’une dépolitisation de la vie publique, elle ne réalise pas fondamentalement cette dépense d’énergie attendue qui libérerait la collectivité de ses tensions internes. Au contraire, le spectacle du sport maintient en vigueur les impératifs d’un refoulement qui restera toujours à recommencer, à un rythme fou, précisément parce qu’il a pour fonction de consolider l’autorité de structures idéologiques qui concourt à la souffrance des peuples plutôt que de les en soulager un temps.

« On ira donc applaudir des athlètes dont on dira qu’ils aiment leur sport alors qu’on déteste son propre travail, et vanter leur soumission à l’autorité tout en estimant que celle que l’on subit dans nos institutions propres nous aliène. »

On ira donc applaudir des athlètes dont on dira qu’ils aiment leur sport alors qu’on déteste son propre travail, et vanter leur soumission à l’autorité tout en estimant que celle que l’on subit dans nos institutions propres nous aliène. On ira donc pousser au derrière ces êtres censés se dépasser pour mieux jouer les dieux du stade, alors qu’on souffre soi-même de subir le même traitement dans son lieu professionnel. Ce n’est donc pas par étourderie que le bon peuple, censé s’être purifié l’âme en vociférant dans un stade, transforme en émeute ses « manifestations de joie » lorsque ses porte-couleurs remportent un championnat. La frustration que contient en temps normal le spectacle sportif se manifeste là sous le jour politique analphabète qui est le sien dans un ordre qui ne nous apprend à parler des enjeux publics que sous les dehors faux de la démonstration sportive de masse.

« Vous êtes formés à obéir ; vous n’avez pas un travail intéressant ; il n’y a pas de possibilité de travail créatif pour vous ; dans l’environnement culturel, vous êtes un observateur passif de trucs qui sont habituellement d’assez mauvais goût ; la vie politique et la vie sociale sont hors de votre portée, elles sont aux mains des gens riches. Alors que reste-t-il ? Eh bien ! Ce qui reste, c’est le sport : donc vous mettez là beaucoup d’intelligence, de réflexion et d’assurance » (in Noam Chomsky, « Sports de spectacle », Comprendre le pouvoir, Montréal, Lux Éditeur, 2008, p. 166.)

Indépendamment qu’on lise Juvénal comme un réactionnaire de droite qui méprise les petites gens, les femmes et les étrangers, ou comme un gauchiste épris de justice sociale et défenseur de la vie collective, ses Satires donnent à comprendre où se signale le compromis de la déresponsabilisation intéressée tant des dirigeants que des gouvernés.

« La ville est hockey », « L’histoire se joue ici », « Nous sommes Canadiens » et « S’élever ensemble » sont les slogans publicitaires sans consistance réelle par lesquels l’ordre idéologique occupe l’espace public au Québec ces dernières années. Cette production médiatique offre en circuit fermé une impression de cohérence. Les exclamations calculées par la science du marketing compriment tant le fait de la réalité urbaine que la personne des citoyens et l’histoire d’où ils émergent. Une population francophone d’Amérique plus perdue que jamais quant au statut que lui confère l’histoire se voit dans la ville applaudir des nantis du showbiz sportif qui auraient peine à expliquer eux-mêmes pourquoi ils se trouvent à performer là plutôt qu’ailleurs. On fait dire de surcroît à cette communauté culturelle qu’elle se réduit à cela dans son être. Les contradictions du régime ne passent que mieux par ce canal esthétique : souffrir le jour d’un mode de vie dont on applaudit les emblèmes le soir. Jusqu’à ce qu’en temps de crise, un jour, le sport s’estompe pour faire place à une vie publique en éruption.

Notes :

1.  Juvénal, La Décadence, Paris, Arléa, 1990, p. 23. Parmi les éditions nombreuses des Satires, nous nous référons à cette traduction d’Alain Golomb dans un français empreint de contemporanéité ; signalons aussi celle plus classique d’Olivier Sers : Juvénal, La fureur de voir. Onze Satires, Paris, Les Belles Lettres, 1999.

2. Lire entre autres les pages que l’historien Paul Veyne y consacre dans une volumineuse étude sur le monde romain dont le titre reprend précisément la citation de Juvénal : Le pain et le cirque. Sociologie historique d’un pluralisme politique, Paris, Seuil, 1976, p. 93 et suiv.

3. Juvénal, Satires, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, 1846, http:// remacle.org. Les versions partielles de Golomb comme de Sers ne comprenant malheureusement, ni l’une ni l’autre, cette dixième Satire, nous nous en remettons à la traduction datée de Jules Lacroix.

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À propos de l'auteur

Alain Deneault

Alain DeneaultPhilosophe de formation et chercheur en sociologie à l'université de Québec. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages.



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