Si nous avons lancé Ragemag, il y a quelques mois, c’est que nous considérions qu’il n’existait (à notre connaissance) aucun média dont la ligne éditoriale incluait une critique du libéralisme dans son ensemble.
La pensée de Jean-Claude Michéa, ainsi que celles de ses auteurs fétiches, George Orwell et Christopher Lasch, constituent le fondement intellectuel de notre magazine. Jean-Claude Michéa a accepté que Ragemag publie un texte inédit en France, écrit par lui en janvier 2012 pour présenter sa pensée au grand public espagnol, dans les colonnes du journal El Confidantial. Après Libéralisme et décence ordinaire, voici un second extrait.
Si les lecteurs fidèles du philosophe montpelliérain n’apprendront sans doute pas grand-chose, les nombreux curieux qui croisent régulièrement son nom dans nos articles pourront découvrir cette pensée riche et iconoclaste, mais surtout réellement socialiste.
Selon nous la plus efficace pour quiconque souhaite combattre utilement le libéralisme.
Arthur Scheuer
1/ Pourquoi les élites font-elles l’éloge d’un mode de vie nomade et itinérant ?
La mobilité perpétuelle du capital et du travail est au cœur même de la logique capitaliste. Elle est le seul moyen – soulignait déjà Adam Smith – de permettre à l’offre et à la demande de s’ajuster de façon optimale. De là, la nécessité libérale d’un monde sans frontières dont l’invitation permanente à la mobilité – géographique ou professionnelle – constitue aujourd’hui la valeur centrale. Dans la mesure où la gauche occidentale contemporaine considère désormais ce cadre du capitalisme mondialisé comme historiquement indépassable – au nom de l’idée, médiatiquement imposée par Bernard-Henri Levy et les « nouveaux philosophes », selon laquelle toute volonté de rompre avec le capitalisme ne pourrait conduire qu’au goulag – il est donc logique que la célébration du caractère émancipateur de la mobilité généralisée soit devenue un rouage essentiel de son nouveau programme. Le problème c’est que ce mode de vie « nomade » (qui est d’abord, on l’oublie trop souvent, celui des élites globales et du monde médiatique) ne saurait être universalisé sans contradiction.
Contrairement à l’illusion que s’efforcent de répandre les classes dirigeantes, il faut rappeler, en effet, que le fameux « tourisme de masse » ne met en jeu que 4% de la population mondiale et que l’immigration, au sens strict, n’en concerne que 2% (même en comptabilisant les nombreux « expatriés » des pays riches). Si ce nouveau mode de vie sans frontière devait devenir la norme – comme le capitalisme global l’exige à présent – on se heurterait donc rapidement à des problèmes écologiques et énergétiques insurmontables (sans même prendre en considération le fait qu’il rendrait impossible tout investissement affectif durable et tout lien social solide). L’ONU elle-même reconnaissait, dans un rapport récent, que d’ici 2050 il sera absolument indispensable de réduire de façon drastique « les transports automobile et aérien et le commerce international à longue distance ». Avec cet éloge du mode de vie migratoire et de la mobilité généralisée on retrouve donc, sous une autre forme, l’éternel problème que posera toujours le projet libéral d’une croissance infinie dans un monde fini.
2/ Comment articuler enracinement et universalisme ?
« Il est (…) extrêmement difficile d’accéder au sens des autres (…) quand on n’a jamais connu la moindre relation un peu stable ou, a fortiori, quand son seul partenaire est un écran d’ordinateur. »
La question de l’enracinement est particulièrement complexe, ne serait-ce que parce qu’elle autorise bien des dérives. Il faut donc d’abord rappeler – conformément aux enseignements de base de l’anthropologie et de la psychanalyse – que l’aptitude à donner, recevoir et rendre (c’est-à-dire l’aptitude à dépasser son idéal de toute-puissance infantile et à s’inscrire sous les chaînes humanisantes de la réciprocité) ne s’acquiert habituellement que dans ces relations en face à face qui définissent la socialité primaire (la famille, le village, le quartier, le lieu de travail etc.). Il est, en effet, extrêmement difficile d’accéder au sens des autres – ou d’intégrer une quelconque « loi symbolique » (Lacan) – quand on n’a jamais connu la moindre relation un peu stable ou, a fortiori, quand son seul partenaire est un écran d’ordinateur. Bien entendu, cela ne signifie pas que les dispositions à la solidarité qui auront pu prendre naissance dans ce cadre local s’appliqueront ensuite automatiquement aux autres groupes humains (nous savons bien, malheureusement, qu’une communauté n’est jamais si unie que lorsqu’elle a su s’inventer des boucs émissaires). Le processus d’universalisation critique qui permettra éventuellement d’élargir à d’autres communautés les relations de confiance et de réciprocité forgées au sein de ces « groupes primaires » (Charles Cooley, 1864-1929) ne saurait être « naturel » (même si on ne doit pas négliger le fait que toutes les sociétés connaissent, par ailleurs, les principes de l’alliance et de l’hospitalité). Il exigera toujours un travail de remise en question éthique et politique, fondé sur la prise de conscience – comme l’écrivait Levi-Strauss – que l’humanité ne s’arrête pas aux frontières de la tribu. Et aucun « sens de l’histoire » ne rend un tel travail « inéluctable » ni même « irréversible »
De ce point de vue, la critique des limites d’une vie purement locale – de son étroitesse culturelle et des risques de « repli identitaire » qu’elle inclut par définition – est forcément au cœur de toute démarche universaliste qui – à l’image de celle qui sous-tend le projet socialiste – entend bien élargir à des groupes humains toujours plus vastes, voire à l’humanité toute entière, le bénéfice de ces habitudes premières de loyauté, de générosité et de reconnaissance. Toute la question est alors de déterminer quelle conception des rapports dialectiques entre l’universel et le particulier est la plus à même de favoriser l’avènement d’une société véritablement « ouverte » et qui ne renoncerait pas pour autant à encourager cet esprit du don et ces pratiques de solidarité qui ne peuvent surgir qu’à partir d’un enracinement culturel particulier. Or pour les libéraux (et particulièrement pour les libéraux de gauche) la réponse ne saurait faire aucun doute. Leur philosophie utilitariste les amène toujours, en effet, à saisir les impératifs traditionnels du don et de la réciprocité sous leur seul aspect « étouffant » et « culpabilisant» (un psychanalyste verrait sans doute dans cette forme d’affectivité un effet classique des ravages exercés dans l’enfance par une mère possessive et castratrice ou par un père absent).
« Le déracinement intégral (…) constitue bien, pour tout libéral conséquent, l’unique condition préalable de toute société réellement libre et universelle. »
D’un point de vue libéral, l’idée même de dette symbolique – ce que nous devons, par exemple, à nos parents, nos voisins ou nos amis – ne peut être comprise que dans sa dimension contraignante (il suffit de relire Adolphe de Benjamin Constant) et jamais dans ce qu’elle peut aussi avoir d’humainement enrichissant et donc d’émancipateur. C’est pourquoi, aux yeux des libéraux, l’individu ne saurait connaître de liberté effective que s’il parvient à s’arracher définitivement au monde étouffant des appartenances premières (on songe à tous ces films hollywoodiens qui diabolisent les modes de vie de l’« Amérique profonde ») et à placer sa nouvelle existence – celle du self made man qui ne doit plus rien à personne – sous la seule protection tutélaire des mécanismes impersonnels du marché autorégulé et du droit procédural. Deux institutions censées être « axiologiquement neutres » et qui ne font appel, par définition, qu’à l’« égoïsme rationnel » du sujet (Ayn Rand), sans jamais exiger de lui la moindre implication psychologique ou morale. En ce sens, le déracinement intégral (dont la figure platonicienne de l’ « intellectuel sans attache » de Karl Mannheim représente une forme extrême) constitue bien, pour tout libéral conséquent, l’unique condition préalable de toute société réellement libre et universelle (et c’est ce qui explique, au passage, que le mépris de la vie paysanne ait toujours formé le noyau dur de l’imaginaire capitaliste).
Tout le problème est ainsi de déterminer dans quelle mesure un monde sans frontière, qui se serait émancipé de toutes les contraintes traditionnelles du don et de l’échange symbolique, pourrait encore être dit véritablement humain. S’il est clair, en effet, que l’expérience locale ne peut jamais constituer que le point de départ de l’aventure humaine, il est non moins clair que c’est le développement dialectique des acquis moraux et culturels liés à cette expérience première – et non leur négation abstraite – qui seul pourra conduire à un monde effectivement commun, autrement dit à un monde dont les valeurs universelles ne seront jamais séparables du cheminement concret qui aura permis à chaque peuple – à partir de ses traditions culturelles particulières – de se reconnaître en elles et de se les approprier (rien n’est donc plus absurde, de ce point de vue, que l’idée qu’on pourrait exporter les « droits de l’homme » par la seule force des baïonnettes). C’est ce que Miguel Torga avait su formuler de façon admirable lorsqu’il écrivait, en 1954, que « l’universel, c’est le local moins les murs » (le penseur occitan Felix Castan évoquant, quant à lui, l’idéal d’un monde situé « à mi-chemin du tout abstrait et du tout enraciné »). C’est pourquoi le célèbre avertissement que Rousseau avait placé au début de l’Emile s’applique plus que jamais au monde uniformisé du marché-roi et du droit abstrait. « Défiez vous – écrivait-il – de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres les devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins ». C’était assurément une critique lucide et prophétique de ces nouvelles élites globales (et de tous ceux qui en ont intériorisé l’imaginaire touristique) qui entendent désormais décider du destin de tous les peuples de la terre en fonction de leur seul intérêt égoïste. Il est à craindre, en effet, qu’un « citoyen sans frontière » ne puisse jamais devenir un véritable citoyen du monde.
Boîte noire
- Un article sur Miguel Torga de Domingos Lourenço Vieira
- Emile ou De l’Education, de Jean-Jacques Rousseau
- Vidal-Naquet et Castoriadis sur Bernard-Henri Lévy
- Adolphe de Benjamin Constant
- L’enracinement de Simone Weil




Manifestation du 5 mai : sous les pavés, la Rage
Quel(s) article(s) stimulant(s)! A la lecture de ces phrases, des réactions, associations d’idées, réflexions naissent en rafale! Je découvre encore la pensée de Michéa, qu’un prof bourdieusien de sociologie m’a fait connaître, mais ce texte est à la fois si simple et si vrai! Je crois que je vais me pencher rapidement sur le Michéa version longue (et non-virtuelle).
Je ne peux m’empêcher à propos de ces histoires de déracinement, de penser à un autre penseur que j’aime beaucoup: Miguel Benasayag. Pour lui, la figure de l’individu qui imprègne la pensée libérale est un mythe qui nous fait oublier que nous ne sommes pas des atomes négociant nos relations avec le monde, mais que nous sommes intimement liés à ce monde par les relations que nous tissons, les paysages de nos enfances, les évènements de l’époque qui nous traverse, etc. A partir de là, nous pouvons assumer ces relations essentielles ou les nier. Or, l’idéal d’un homme sans lien d’aucune sorte crée en réalité surtout des « hommes sans qualités », sans aspérités: lisses et interchangeables.
Il est alors évident que le détachement de tout lien (et donc de toute contrainte) est au cœur du projet libéral, et on peut voir ce déracinement dans de nombreux aspects de notre vie: flexibilité au travail, amours contractuelles, tourisme-zapping, divertissement partout et art nulle part, etc. Par peur des liens, l’homme contemporain se réduit lui-même à peau de chagrin. Tristesse de notre frilosité de modernes!
Cet article me laisse tout froid, Michéa n’est pas pour moi une inspiration. Prendre à ce titre BHL comme repoussoir est une faute de goût car BHL n’est le symbole d’aucune pensée véritable, mieux vaut ne pas en parler du tout.
Je parlerais simplement de la première, il me semble, erreur dans ce texte : sur le capitalisme.
Il faut distinguer capitalisme et économie de marché. Lorsque la seconde recouvre le premier complètement, on obtient un capitalisme financier où le marché déroule sa puissance sans opposition jusqu’à atteindre la fibre même qui fait l’étoffe des peuples. Excepté, dans une moindre mesure, dans les sociétés qui s’organisent autour de modèle plus autoritaires comme l’Allemagne, le Japon ou les pays nordiques (modèle industriel-commercial dans une économie mixte). L’Angleterre est ravi, c’est son truc comme les Etats-Unis (modèle financier pur dans une économie qui n’est plus mixte). La France a le cul entre deux chaises, ne sait ni réagir, ni résister, ni embrasser le mouvement. Elle hésite, son élite a choisie, son peuple n’en veut pas.
Le capitalisme, comme le montre Fernand Braudel, est le résultat d’un rapport de force qui existe depuis longtemps et fait partie de la civilisation humaine et son progrès. Il est en soi un apport indéniable. Comme un certain individualisme, dont les excès sont effectivement bien mis en valeur par Lasch.
La poussée excessive du marché a dissous les mécanismes de protection des peuples, Schumpeter parlait de « couches protectrices » (valeurs religieuses, idéologiques) qui rendait possible la cruauté du calcul capitaliste et égoïste.
Voilà, voilà.
Intéressant tout ce que vous dites, Rouget !
Sur BHL, il est honteux d’écrire : « l’idée, médiatiquement imposée par Bernard-Henri Levy et les « nouveaux philosophes » selon laquelle toute volonté de rompre avec le capitalisme ne pourrait conduire qu’au goulag »…
Comme si on vivait sous Ceaucescu et que BHL était la télévision d’Etat à lui tout seul… Non, BHL est un imbécile va-t’en-guerre et un héros des médias, qui naturellement adorent les philosophes dont le discours est enfantin et consensuel, mais ce n’est rien de plus. Laisser entendre qu’il a le pouvoir de faire admettre à des millions de gens une idée, enchaîner sur un paragraphe contre le nomadisme, il n’en faut pas plus pour que les fans de Soral applaudissent : l’ennemi (le juif appelé sioniste) est désigné ! Michéa vaut mieux que ces raccourcis…
Sur la différence entre capitalisme et économie de marché, pourriez-vous en dire un peu plus ? Ainsi que sur « l’étoffe des peuples »…
L’étoffe des peuples telle que je la conçois, c’est l’influence de générations de pratiques sociales. Influence profonde que le marché, via les médias et la consommation, cherche à éliminer, mais qui résiste.
Il me semble que la France étant restée un pays de paysans plus longtemps que ses voisins anglais et allemand, c’est de là que le Français tient sa méfiance vis-à-vis de changements si rapides et dictées d’en haut dans l’organisation économique : le paysan prend son temps, et les Français sont pratiquement tous (arrière-)petits-enfants de paysans.
C’est ce qui fait de la France un pays qui se défend encore (un peu) contre le rouleau-compresseur financier. Reste à trouver une forme politique à cette résistance.
(Mélenchon est très bien, mais il se complaît un peu trop, avec le Front de Gauche, dans le sociétal.)
Jean Claude Michéa n’est pas une inspiration pour toi? Ou c’est juste une manière détournée de dire que tu n’as pas pris la peine de lire/comprendre son oeuvre… Cela expliquerait le petit pet hors sujet que tu nous as lâché ici .
C’est bien dommage, sans lui tu n’aurais jamais eu vent de Lasch en français…
Bin si par Emmanuel Todd ! Il met d’ailleurs Michéa et Finkelkraut dans la catégorie « pessimistes culturels » (:
Et lui a ramené récemment Fredrich List dans ses bagages que je conseille fortement.
Le défaut de Michéa serait son pessimisme.
Pourtant son oeuvre n’est que l’enseignement pédagogique d’un mélange de Lasch et d’Orwell, qui n’ont pas pour réputation de verser dans l’optimisme… Je parlerais, moi, de « lucidité ».
Vous avez une drôle de logique… Quelqu’un qui lit le (trop…beaucoup beaucoup trop) gentil Todd, ne devrait avoir aucun soucis à apprécier le bougre très pertinent qu’est Michéa…
A moins que vous n’ayez jamais lu Michéa (du moins sérieusement), c’est la seule explication que je vois…
PS : La prochaine fois évitez votre caca nerveux braudélien sur l’opposition capitalisme/économie de marché lorsque l’enjeu est axiologique
Dois-je vous rappeler que « La culture du Narcissisme » est sorti aux Etats-Unis en 1979, lu dans la foulée et traduit en Français en 1981 ? Par… Emmanuel Todd ! Il dirigeait la collection qui l’a fait publier en France. C’est même rappelé dans la première page de la préface de votre Maître Michéa à la réédition du livre ! Je me gausse, je me gausse.
Todd a aussi réédité Friedrich List, un auteur indispensable sur le protectionnisme…
S’il faut être pessimiste pour être dans le vrai, alors cela reflète sans doute plus votre propre état d’esprit et dans ce cas Michéa vous est tout à fait adapté.
Oui j’ai lu Michéa et j’ai été déçu, c’est sans substance, sans surprise, sans révélation. Le bougre va jusqu’à dire que la machine à vapeur existait à Alexandrie au IIème siècle mais que l’état du capitalisme n’était pas adapté à recevoir cette invention qui n’a éclos que dans l’Europe de la Révolution Industrielle ! Rires garantis !
Cet homme a une telle obsession contre ce qu’il croit être une organisation idéologique qu’il voit sa main invisible partout. Une de plus…
Sinon je reste avec Braudel et l’Ecole des Annales
Vous vous rendez compte quoi vous êtes hors sujet? Sans doute êtes-vous trop étranger à la Philosophie…
Hors sujet, philosophie… Désolé de vous décevoir monsieur le professeur.
Effectivement je ne suis pas philosophe, dieu merci ! Je pourrais terminer comme l’autre dont il est objet ici.
« fameux « tourisme de masse » ne met en jeu que 4% de la population mondiale et que l’immigration, au sens strict, n’en concerne que 2% (même en comptabilisant les nombreux « expatriés » des pays riches). »
Merci pour cette info recadrante.
Pour le reste, cet article est d’actualité, que ce soit pource qui concerne les élites mondialisées ou les rapports entre individus. « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley n’est jamais très loin.
Classes , lutte des classes, conscience de classe, solidarité de classe dans le combat quotidien et commun contre l’exploitation sur les lieux du travail ou ses conséquences sur les conditions de vie en dehors , sont probablement des concepts désuets pour l’anarchiste Michea dont la « pensée » n est qu’un commentaire des pamphlets anti léninistes orwelliens et qui véhicule une idéologie dont l’utopie s’érige sur la négation du matérialisme historique et l’ignorance de ses lois coercitives.
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