Chaque semaine ou presque sur Jeuxvideo.com, il contribue à rendre le jeu vidéo un peu plus intelligent. Lui, c’est l’auteur des chroniques éponymes de 3615 Usul, peut-être le seul être humain capable de magnétiser un auditoire lors d’un épisode dédié aux temps de chargement. Mais celui qui aime ponctuer ses démonstrations de maximes de Voltaire, Bachelard ou Baudrillard n’a pas que l’appétit des belles lettres : il a su développer un certain talent pour rincer ses contemporains au vitriol. Entre charge contre la presse spécialisée, satire de la société de consommation, et déclaration d’amour aux jeux vidéo, rencontre avec un type à part qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
D’où provient cette volonté d’aborder le jeu vidéo de façon décalée dans tes chroniques ? C’est juste pour le kif, ou ça correspond à une finalité plus profonde ?
On dit que la nature a horreur du vide. Moi aussi. J’ai un goût pour les idées et les trucs un peu intello, qui font que je suis obligé d’envisager ce média autrement. Et pas juste comme un consommateur, parce que je trouve que le jeu vidéo est beaucoup envisagé – y compris par les journalistes hein ! – comme un simple objet de consommation. Tu vois les magazines de voitures où on met une note aux amortisseurs ? Ben c’est pareil dans la presse jeu vidéo : « Les graphismes y sont bien ? La musique elle est bien ? Okay, c’est un bon produit, on lui met une bonne note, et donc il faut l’acheter pour Noël. » La manière dont ils en parlent entretient le joueur dans un simple rapport de consommateur.
Moi, j’ai une pratique du jeu vidéo en marge du schéma classique : j’en ai découvert plein par le piratage, l’émulation, le modding, tous ces trucs dont les journalistes ne vont pas te parler dans leurs papiers. On a eu un débat là-dessus avec une copine en école de journalisme. Tu sais ce qu’on lui apprend là-bas ? Que « le journalisme, c’est aussi de la com’ ! » Donc quand tu pars de là…
Tu sous-entends que le journaliste en est parfois réduit à un rôle de RP (attaché de presse, ndlr), bon à promouvoir un bien de consommation ?
Il y a des journalistes jeu vidéo qui se permettent tout et n’importe quoi sous prétexte que, « oui, mais c’est pas grave, tu comprends, c’est que du jeu vidéo ! » Donc tant pis si parfois les pratiques sont un peu limites, si les frontières entre le copinage, les soirées presse où t’es invité et l’article que tu vas écrire après sont un peu floues.
On a le sentiment que, malgré son ancienneté, la presse jeu vidéo n’est toujours pas prise au sérieux. En fait de journalistes, on parle d’ambianceurs, de ménestrels, de relais entre les éditeurs et les joueurs… Pourquoi cette presse ne parvient-elle pas à se débarrasser de ces étiquettes-là ?
« On est entouré de gens qui sont tiraillés dans des conflits d’intérêts. »
Mais parce que c’est un milieu consanguin et dégueulasse ! Quand tu me parles de ménestrels, tu me parles d’une personne qui gère à la fois une boîte de com’ et un site d’information. Le jeu dont il va parler, eh bah, la boîte qui a fait ce jeu, c’est la même qui va lui payer une campagne de com’, ou une intervention dans je-sais-pas quel salon… On est entouré de gens qui sont tiraillés dans des conflits d’intérêts. Soit ils prétendent que c’est « sans importance », soit ils disent carrément : « Ah bah nan, il n’y a pas de conflits d’intérêts, on sait faire la part des choses… » Après, tu prétends que t’es libre, mais bon…
Tu as vu la dernière affaire en date, celle du test de Black Ops 2 paru sur Eurogamer, écrit par un ancien d’Activision ? Ils ont été obligés de rajouter une mise à jour, du style « le journaliste qui a écrit le test ne travaille plus pour l’éditeur depuis un an, donc c’est okay ! » Tout ça juste parce que les gens ont gueulé dans les commentaires de l’article. Or, le petit truc rigolo, c’est que la charte d’Eurogamer précise que ses journalistes « ne peuvent pas parler d’un jeu si ces derniers ont travaillé pour l’éditeur dudit jeu au cours des deux dernières années ». Il y a une confusion des genres dont même les lecteurs commencent à s’offusquer. Par contre, dans le milieu du journalisme, ça s’offusque pas du tout, tout le monde trouve ça normal !
Ça dépend : on a bien privé Audrey Pulvar de son émission sur France Inter parce qu’elle était maquée avec Arnaud Montebourg.
Voilà ! Mais si tu dis ça aux journalistes jeu vidéo, ils vont te dire : « Oui mais ça c’est la politique, c’est grave, il y a des enjeux importants. » Alors que dans le jeu vidéo, on te relativise ça, on te parle de tempête dans un verre d’eau, etc. C’est symptomatique d’une époque, d’un fond de l’air un peu moisi, dans le jeu vidéo comme ailleurs (il s’interrompt). Bref, je sais plus où je voulais en venir, je me suis énervé tout seul (rires).
Tu parlais d’envisager le jeu vidéo « autrement » dans tes chroniques…
Oui, je te disais que j’avais un discours et une culture qui allaient nécessairement trancher avec ce qu’on voyait habituellement. Y compris les amateurs qui font des tests de jeux vidéo sur Internet… qui vont jusqu’à singer les mimiques des journalistes ! C’est donc sûr qu’il y avait une place à prendre.
Tu cites souvent des jeux japonais dans tes références – Zelda, Metal Gear, Resident Evil. C’est pour protester contre la place grandissante des jeux américains ? T’en penses quoi des Cassandre qui prophétisent la fin du jeu vidéo japonais ?
« La fin des jeux vidéo japonais ? Leur héritage est ancré dans tous les jeux occidentaux ! »
Bof, je sais pas si ça m’intéresse tellement en fait. Ça me paraît être une fausse polémique. La fin des jeux vidéo japonais ? Mais leur héritage est ancré dans tous les jeux occidentaux ! Le jeu vidéo, c’est un truc extrêmement globalisé, un vrai dialogue entre les cultures, c’est aussi ça qui est formidable. Quand on était gamins, on jouait à des jeux japonais, alors qu’on aurait jamais pensé à lire de la littérature japonaise. Si quelque chose doit mourir au Japon, c’est peut-être quelques studios de développement, mais bon… C’est comme les gens qui s’effondrent quand une boîte coule. Moi je m’en fous des boîtes. Ce qui est important, c’est les mecs qui sont dedans. S’ils ont vraiment la passion, des idées, du talent, on les retrouvera ailleurs ! Je me dis que les choses évoluent, je me fais pas de soucis là-dessus.
Dans ta chronique intitulée « La Guerre », tu pointes du doigt ces jeux vidéo faits par des militaires, pour des militaires, sortes de boot camp virtuels destinés aux jeunes recrues. Mais il y a pire : on trouve désormais des jeux de guerre, vendus au grand public, qui prêchent de manière explicite la croisade contre le vil terroriste qui menace de fondre sur l’Occident. Ça t’inspire quoi ?
On en revient à ce que je te disais tout à l’heure : à force de considérer le jeu vidéo comme un objet de consommation, à force de « waw, le graphisme pète, le gameplay défonce, hop, 17 sur 20 ! », on en vient à oublier qu’il s’agit de produits culturels. Qui véhiculent donc des idées. Et si on ne les traite que comme des objets de consommation, on va oublier de dire pourquoi tel jeu a été créé en telle année, qui l’a fait, quelle est l’idéologie derrière… C’est un truc qui n’est pas souvent évoqué.
Quand tu entends les développeurs de Medal Of Honor Warfighter plastronner que l’objectif du jeu est de « faire de vous de vrais soldats », il y a de quoi péter un câble !
Tu vis à Paris, tu prends le métro : tu dois avoir vu les formidables campagnes où tu avais d’un côté les affiches de recrutement de l’armée de Terre « Devenez vous-même », ou je sais plus quoi, et de l’autre celles de Battlefield Bad Company 2 « Devenez meilleur que vous-même ». La typo des deux affiches était identique. C’est la même esthétique quand tu veux recruter un soldat que lorsque tu veux faire acheter un jeu de guerre !
Tu sais ce qu’il y a de très fort avec tes chroniques ? Le message est si limpide qu’il n’y a pas besoin de connaître quoi que ce soit au jeu vidéo pour apprécier leur saveur.
Je vais te dire un truc : je suis passé par les Beaux-Arts. Aux Beaux-Arts, t’as des gens formidables, qui font des trucs formidables… qui ne parlent qu’entre eux ! Ils font des choses qui ne s’adressent qu’à ceux qui ont les outils intellectuels et culturels pour comprendre. À tel point que pour eux, c’est devenu au spectateur d’aller vers l’œuvre : plus c’est obscur, plus c’est arty. Et plus tu te coupes des gens, plus t’es formidable.
« J’applique la même méthode que Call Of Duty : je te fais un objet fun, et derrière il y a le fond idéologique. »
Moi je revendique le contraire : si tu as des choses à dire et que tu le fais de manière obscure, c’est que t’es un hypocrite. Alors ça veut pas dire que tu peux pas être subtil, hein ! Mais pour que le message soit reçu, il faut que ce soit pop, agréable à regarder. En fait, j’applique la même méthode que Call Of Duty (rires) : je te fais un objet fun, et derrière il y a le fond idéologique. Mais faut garder en tête l’idée de faire un truc cool, sinon tu ne parles qu’à toi et à ceux qui te ressemblent. C’est pour ça que je mets de l’humour : c’est pas pour rendre le message plus soft, au contraire, c’est pour le rendre plus accessible, donc théoriquement plus efficace.
Quel que soit le thème abordé, on a l’impression que tu disposes d’une liberté de ton absolue. Si on m’avait dit, il y a deux ans de ça, qu’on pouvait trouver un contenu aussi audacieux sur Jeuxvideo.com, je ne l’aurais pas cru…
Il y a des trucs qui changent sur Jeuxvideo.com. À l’époque, quand ils m’ont engagé, c’était parce qu’ils voulaient draguer le public des jeunes qui regardent Norman. Ils disaient : « Ce serait bien que tu fasses plus de références à la culture TF1, Koh-Lanta, tout ce que les gens aiment bien. » En fait ça les emmerdait que je parle que d’auteurs classiques. Moi j’ai dit : « Oui, oui, okay ! » Mais je l’ai pas fait (rires) ! Je regarde pas Koh-Lanta, c’est pas ma culture, qu’est-ce que j’ai à dire sur Koh-Lanta ? J’ai offert autre chose, et il se trouve que les gens ont suivi. Et sur Internet, quand les gens suivent, bah, c’est l’essentiel. Ils se sont rendu compte qu’en nous laissant plus de liberté, ça marcherait plus, et qu’en étant plus épanouis, on ferait des trucs meilleurs que si on nous filait un cahier des charges relou.
Tu multiplies les clins d’œil au ciné (Godard), à la poésie (Ronsard), à l’épopée (Tolkien)… Tu penses sincèrement que le jeu vidéo est soluble dans ces sphères-là ?
Je crois qu’il y a des ponts à faire entre la culture classique et le jeu vidéo. Mon message, quand je fais référence à des auteurs ou à des films classiques, c’est de dire : « Appropriez-vous ces choses-là, ce n’est pas sale ! » Le problème, c’est que le monde moderne a délibérément acculturé les gens – la télé a joué un rôle terrifiant dans cet abrutissement – parce que ça fait de meilleurs consommateurs. C’est vrai pour les masses, mais ça l’est aussi pour les élites : il n’y a qu’à voir la différence entre un président comme Mitterrand, qui était un homme de lettres, et Sarkozy – à côté, même Chirac était un homme de culture ! Ouais, même les élites commencent à lâcher la culture. Moi, je mate Apostrophes sur YouTube : c’est là où tu vois que le niveau culturel était plus élevé dans les années 1980 : des émissions qui soulevaient de vrais problèmes de fond, où il était encore question d’idéologie, de vrais débats d’idées. J’ai l’impression que les intellectuels d’aujourd’hui se sont enfermés dans des schémas : « Oui, la dette, Angela Merkel, tout ça… » Moi, à ma modeste échelle, j’essaye juste d’aller à contresens de tout ça.

Manifestation du 5 mai : sous les pavés, la Rage
Bonne interview et il a une chouette approche et a raison sur ces milieux fermés qui se coupent du public MAIS si USUL lit les retours de cet interview, est-ce que tu te rend compte que ton propos distillé avec humour sur JVC t’empêche d’atteindre les consciences de tes lecteurs et qu’au final ton propos intello a le même public que celui du « ménestrel » (on va pas le citer, ce serait lui faire de la pub) ? Ça fait pas mal au cul ?
Bonjour PG-Birganj,
Je ne suis pas tout à fait d’accord quand tu dis que le côté intello d’Usul se rapproche de celui-dont-tu-ne-veux-pas-citer-le-nom. C’est une dialectique : son sens de l’humour et ses références intellos sont étroitement liées, et ne pourraient pas fonctionner l’une sans l’autre. C’est même là que réside le secret de son art, et donc de son succès, nan ?
Content que l’article te plaise.
Bonne continuation !
En fait, je soupçonne que l’humour d’Usul empêche ses lecteurs de JVC (un site généraliste très classique mais paradoxalement fait moins de bruits que d’autres) de s’intéresser de plus près à certaines de ses chroniques (les métiers créatifs – les dev- dont les droits du travail y sont mal protégé ; la com’, la « culture » justement parfois invoqué à tort et à travers ; etc). Mais oui, c’est justement le paradoxe, sans humour, sans second degré, ce serait ennuyeux et n’aurait forcément pas ce public.
Mon propos est le suivant : son humour lui a permis d’être rattaché à JV.com qui a un public aussi volage qu’un GB (on parle de lui dans l’interview donc forcément y a un parallèle à faire) mais quand même moins « fanboy ». Pensez-vous vraiment (je parle en général) qu’un public aussi large que JV.com prend le propos d’Usul au sérieux ? A titre personnel, j’ai découvert le personnage sur JV.com (et non sur Youtube car la culture Youtubeur je ne m’y fait pas). Mais pour moi, si je sais que ces propos touchent toujours une part de vérité, ça ne reste qu’un travail humoristique (avant que je ne lise cet interview). Certes, l’humour permet de servir de messager ; mais peu réussissent à passer ce premier niveau de lecture. « c’est que de l’humour, tu vois » comme si c’était pas « sérieux » (le même argument reproché dans l’interview sur le JV).
Donc ma question est (surtout pour l’intéressé) : c’est pas frustrant de voir et comprendre que ses propos n’empêchent pas son lectorat d’être un client-consommateur de produits vidéoludiques ?
Car il a quand même vision bien carré et bien défini le monsieur, et je trouve que ça colle pas des masses avec son public à priori… Ce même public a tout intérêt de lire cet interview en complément pour bien voir que « ouais nan c’est pas QUE pour faire marrer la galerie ». =)
PG_Birganj: Heu en gros tout ce que tu dit c’est « les lecteurs de JV.com sont des cons trop débiles pour comprendre le 3615. » . Je te trouve vraiment pédant et irrespectueux. Sur quoi t’appuie-tu pour dire ça ? Les clichés sur le 15-18 ?
C’est sur que sa chronique ne va pas empêcher les gens d’acheter Call of, ou d’autres jeux du genre. Mais est-ce ça le but du 3615 Usul ? Ou plutôt de faire rire un coup en faisant réfléchir un peu et montrer que les jeux vidéos, aussi, c’est de la culture ?
Je checke régulièrement les commentaires de ses chroniques et il s’avère que ce qui en ressort, c’est que c’est drôle. Rien de plus. (on va dire un ratio de 1 message sur 15 souligne le but de la chronique, c’tout)
Je n’ai pas non plus dit « trop con » je crois… Faut pas surinterpréter comme ça et me faire dire des choses que je n’ai pas dire. C’est juste que JV.com est très large comme public et très très généraliste, là où l’interview d’Usul nous montre un discours qui me semble super éloigné.
« Mais est-ce ça le but du 3615 Usul ? »
>> Si j’en lis l’interview, il a l’air sûr de ses propos. D’où mon interrogation sur son public actuel… Ca me parait logique comme question. Il critique la consanguinité du milieu, il critique le jeu vidéo comme « produit » et pourtant son premier public est sur le site n°1 de France qui a pour but de répertorier et servir de « guide d’achat » aux joueurs. Je m’interroge. Ca aurait été bien de l’entendre là dessus, c’tout car c’est le difficile équilibre à obtenir (sans agressivité aucune).
Effectivement j’ai peut-être pris un peu de travers ton commentaire et réagit un peu trop violemment. Je m’en excuse.
Je pense que justement le meilleur moyen de toucher le plus de monde, c’est d’aller sur le site n°1.
Alors bien sûr, tout le monde ne comprend pas la réflexion derrière le comique. Mais c’est pareil dans tout les médias. Regarde Kaamelott, par exemple. Beaucoup ne voient pas les messages véhiculés derrière l’humour dans cette série. Mais déjà le fait d’avoir fait rire, n’est-ce pas déjà une petite victoire en soi ? La preuve que le message a été écouté ? Que la personne a été touchée, même si elle n’a pas tout comprit ?
Vous venez de prouver à PG_Birganj qu’il a raison. Vous n’avez rien compris au rapport qui existe entre le rire et le sérieux. Car le rire ce n’est pas: « hoho, c’est drôle, donc je me fiche du message! ». Le rire, c’est un condiment qui donne du goût.
La consanguinité de la « presse » JV existe puisqu’elle a enfanté tous ces petits cousins « spéciaux » qui font des vidéos sur le web comme le très élitisto-cosmique Usul. Mention spéciale aux débilos du grenier et autres unboxeurs.
Je ne suis pas vraiment d’accord, je suis Usul depuis le début de ses chroniques sur JVC et j’ai rarement pensé, à part quelques une peut-être, que ses chroniques n’étaient là que pour amuser la galerie. Il faudrait peut-être arrêter de penser que le public de JVC n’est composé que de gamins de 12 ans qui ne comprennent rien. Ses chroniques font réfléchir et il ne faut pas oublier toutes ses vidéos sur Dailymotion, qui sont moins axés sur l’humour que ses chroniques (enfin selon moi) et que je n’aurais jamais découvert s’il n’avait pas été sur JVC. Donc on pourrait dire que parmi ceux qui regardent ses chroniques il y en a qui vont juste rire et ne pas vraiment s’intéresser au fond et ceux qui vont rire et essayer de réfléchir à ce qui a été dit. Enfin bref je n’ai jamais pensé « C’est que de l’humour » ou « C’est pas sérieux » en regardant une chronique d’Usul et j’espère, je pense, que la plupart sont comme moi.
Je crois, Simon, que tu as parfaitement résumé la situation.
Je tiens à ajouter un détail : Les commentaires de ses chroniques ne représentent que peu de personnes ayant visionné la vidéo ( je parle en connaissance de cause, il est très rare que je commente). C’est pour cela que certaines personnes ont l’impression que les personnes ne comprennent pas son message.
En tout cas, cet interview est très intéressant, je n’avais jamais fait attention à la pub de MoH, je trouve presque ceci provocateur envers l’armée, le « meilleur » laisse entendre que rejoindre l’armée, c’est pour les faibles ? Être soldat virtuel, c’est mieux ?
Bonne remarque, Jules : on oublie souvent que, parmi les gens qui matent une vidéo, il y en a beaucoup qui ne commentent pas (il suffit de diviser le nombre de vues par le nombre de commentaires). Et on peut légitimement penser qu’ils sont nombreux, parmi eux, à comprendre la subtilité de son message.
Attention, pour la pub, il s’agit de Battlefield Bad Company 2 , pas MoH.
A bientôt !
Tout à fait. Le problème c’est que les abrutis ont tendance à crier très fort. Si on tend l’oreille, on n’entend qu’eux.
Et c’est vrai dans tous les domaines malheureusement…
« Et on peut légitimement penser qu’ils sont nombreux, parmi eux, à comprendre la subtilité de son message. »
>> C’est pas plus légitime de penser ça que de remarquer que son public actif ne demande que de la vanne
Perso, j’aime son côté léger dans ses vidéos mais ça contraste énormément avec ce qu’il raconte dans cette interview. Et on peut aussi se demander en quoi le message est subtil quand il trolle les gamins se pensant cultivés en citant Shiva de Final Fantasy.
En attendant, le public vidéoludique (pas que JV.com) est majoritairement léger et savoir que tout le monde est pote (ou fait semblant) dans la presse ou que les dev font des tonnes d’heures supp non payés, non déclarés ; ça va pas les empêcher de dormir la nuit. On continue d’acheter nos iphones et télés fabriqués par des p’tits chinois, c’est pas pour s’intéresser au monde pro de l’industrie jv et de la presse française. Alors c’est pas une chronique un dimanche matin qui va appuyer ça. =)
C’est pas insultant de rappeler cette évidence (sauf si on le prend personnellement, mais là j’y peux rien).
Bref, je suis étonné que peu de gens font remarquer la contradiction entre son ton de l’ITW et le ton de ses vidéos. Il a beau dire que c’est un bon vecteur de faire passer des messages, les siens sont de plus en plus dilués par l’humour et de cette espèce de « culte de la personnalité » dont il bénéficie auprès de ses followers (en même temps, trouver de bons thèmes intéressant, c’est compliqué).
Disons que quand on tient de tels propos, faut pas être étonné que le public vérifie si ses créations vont dans le même sens quoi… Est-ce que ça vaut le coup de balancer ça en interview quand ses chroniques ne sont pas si franches que ça ? Est-ce que ça vaut le coup de forcer autant le trait d’humour si au fond, on a un propos contestataire comme le sien (du moins, de ce qu’il en dit) ?
C’est pas une attaque gratuite, perso ou autre hein parceque paradoxalement j’ai beaucoup aimé cet interview et que ses chroniques me sont sympathiques (pas toutes), mais y a clairement un fossé dans ses dires et ses vidéos. Et qu’au final, peu importe ce qu’il peut dire sur Ragemag, Usul c’est le « mec qui fait des vidéos ‘culturés’ marrantes sur JV.com ». J’en reviens à mon tout premier post : ça doit être frustrant… (et s’il ne s’en est pas rendu compte, ça arrivera, sauf s’il décide de créer un nouveau format et de se diversifier)
- désolé de ce pavé ; mais moi ça me frustre qu’au final on retient jusque « Yeah Usul t’es un champion ; tu nous fais réfléchir » -
C’est vrai qu’il y a un fossé entre ce qu’il dit dans l’interview et ses vidéos sur JVC, mais ce qu’il dit dans cette interview il le dit pourtant depuis longtemps, par exemple dans des vidéos sur Dailymotion. Son rôle premier sur ce site comme il l’explique c’était surtout de faire marrer les gens, et participer à faire augmenter le nombre de visites sur le site. On peut donc comprendre que si toutes ses vidéos avaient le ton de cette interview, ça ferait longtemps que l’émission d’Usul aurait été stoppée tout simplement parce qu’elle n’était pas rentable pour JVC ( ça me semble logique mais je peux avoir tort ). Il a une plus grande liberté là ou il est indépendant et non plus » Usul le mec qui fait des vidéos ‘culturés’ marrantes sur JV.com « .
Quant au fait qu’il puisse être frustré d’être majoritairement incompris je ne pense pas que ça soit le cas.
D’abord parce qu’il fallait s’y attendre, c’est peut être son cas mais je ne pense pas qu’il crée ses émissions en pensant » je vais faire changer le public de JVC » ou » tout le monde comprendra mon message même s’il est subtil voir parfois engloutit sous l’humour » ( certes ce n’est pas ce que tu dis mais je me permet de grossir l’idée ). D’autant plus que le public de JVC a une réputation plutôt mauvaise, on peut lire un peu partout sur internet » JVC est un cloaque « , » le public de JVC est débile ‘-_- « , donc en partant de ça on doit avoir de sacrés préjugés et on ne doit pas avoir des très grandes attentes quant à la bonne diffusion de son message ( même si Usul parfois défend son public ).
Ensuite parce que ( tu le savais peut-être ) Usul est aussi publié sur le NESblog où le public a par contre la réputation d’avoir un niveau bien supérieur à celui de JVC. Les commentaires qu’on y lit laissent voir que les références utilisées par Usul sont souvent comprise et son message avec. Après bien sûr on retrouve aussi des commentaires du style » Haha trop drôle = D « . Mais tout le monde ne commente pas, qu’il ai compris ou non.
Et surtout, même si Usul doit atténuer son ton voire le cacher dans l’humour, l’efficacité de son procédé est prouvée puisque des articles comme celui de Baptiste Peyron sur Ragemag ou d’autres sur Rue 89 par exemple parlent d’Usul et expliquent clairement son action. Avec des articles comme celui-ci même le public » léger » comprend Usul.
Peut-on être frustré dans pareille situation ?
- Bon en relisant je me rends compte que ça fait un peu » défense d’Usul par un fan inconditionnel » mais bon …. A l’intention de Baptiste Peyron je tiens à dire que j’ai aimé cet itw que j’ai trouvé comme d’autres avant mon l’ont dit » intéressante et bien menée » -
» ” défense d’Usul par un fan inconditionnel ” mais bon …. »
>> Non, ta réponse se tient. =)
Juste qu’on voit pas tout à fait le même côté de la pièce.
Je viens justement de voir qu’il a écrit une « réponse » vis à vis des retours de cet interview : http://www.nesblog.com/usul-lettre-ouverte-a-la-presse-libre/
Mais ça, ça doit être fait ICI sur le lieu dit de l’itw, pas dans son fief de « nerds » (titre du site) qui vont le suivre quoiqu’il raconte.
Parler de journalisme alors qu’il n’y a pas d’investigation c’est un contre sens.
Les types qui écrivent sur des sites ne sont pas des journalistes mais des rapporteurs, les enjeux économiques sont trop grands pour que des développeurs parlent de projets en cachette.
Quand on signe des NDA, quand on fais des titres à clics, quand on dit ce que l’on vous a permis de dire on ne peut pas de proclamer journaliste.
Pour le reste ce petits nombres d’individus écrivant, parlant ou je ne sais qui d’autres finissant en -ant ne sont en aucun cas des référents. Le culte de l’individu sur des personnes comme Usul, le joueur du grenier ou pire bob lenon et j’en passe et juste une vaste blague. Dans tous les cas la forme cache le fond qui est vide comme un sac de carambards.
Cela se croit intello car cela site 3 formules de bouquins tombés dans la mémoire collective et que cela parle toujours du même jeu jap année 90 et tournant au hasard sur Play ou SFC, ce type de baratins peut fonctionner sur le grand public 10-25 mais fais rire les gros joueurs de plus de 30 ans.
Dans tous les cas leurs public n’a rien à foutre de la culture jeu vidéo : il n’y a qu’à voir qu’au MIG les amphis de conférence étaient à moitié vide, que sur Gameblog les reportages les plus intéressants sont les moins visionnés, etc
Il faut redescendre un peu sur terre, pour avoir un ton intéressant il faudrait que l’auditoire soit au niveau ce qui n’est pas le cas, et les gens qui pourraient composer cet auditoire en savent plus que ce qui prétendent être journalistes.
Journalistes, bloggeurs et autres ménestrels même combat : connaissance 0
Les vrais infos, le vrai journalisme, c’est sur les sites amateurs très typés qu’il se trouve et ces sites n’intéressent personne
SALUT
Euh… En fait, là, on ne parle pas de la « culture jeu vidéo ». On parle de réflexion à propos du jeu vidéo accessible au plus large public. Normal donc si on y fait référence à des jeux connus ou bien à des métaphores éculées…
L’humour et l’utilisation d’anecdotes forment un emballage nécessaire pour des propos sérieux. N’oublions pas que jvc se veut être un site de loisir. En utilisant Ces procédés, usul peut traiter de sujets très sérieux comme le sexisme dans les jeux vidéos et s’assurer de ne pas perdre le spectateur tout en maximisant l’impact de son message. En psychologie on dit que l’humour met l’interlocuteur dans la joie et qu’on peux mieux le manipuler…surtout pour les évaluateurs qui auront tendance à noter plus positivement s’ils sont dans l’allégresse. Donc ce cocktail saupoudré d’un vrais fond référencé je dis oui!!!
Usul guérit et annule les effets de la propagande postmoderne du mépris de la culture tout en utilisant subtilement les même armes de com’.
Au passage, saluons quand même le travail formidable de Dorian qui mériterait également d’être interviewer. Car ils ne sont rien l’un sans l’autre.
Salutations Psychorigide,
Tu as bien raison de souligner l’importance de Dorian dans le processus, « l’âme damnée » d’Usul. J’aurais bien voulu parler de toute l’équipe qui gravite autour de lui. Une autre fois peut-être ?
Oui, je me doute que tu reconnais leur travail. Je suis tr_s heureux pour Usul que je suis depuis dailymotion (comme cdv et realM) et il ne démérite pas son succès. Cependant, je trouve qu’en général, les médias s’attardent moins sur eux, ce qui est dommage.
Après, je pense que le succès du 3615 est également dû au fait qu’il démocratise à sa façon l’univers gamer là où les autres restent sur un programme plus technique pour un publique un minimum initié ( ce qui est très bien //Fuck tf1).
Pour la prochaine fois, faut carrément un reportage vidéo sur toute l’équipe. Envoyez votre chroniqueur qui a assister à son premier fist fucking, c’est un homme de terrain
LOOOOL
N’utilisez pas des mots que vous ne comprenez pas. Le post-modernisme, c’est la mort des valeurs. C’est à dire exactement ce qui permet de réfléchir culturellement sur le jeu vidéo. Sans le postmodernisme, jeu vidéo = jeu de l’oie. Sans le postmodernisme, Dieu a créé le monde, l’homme est nécessairement bon, et l’univers est compréhensible.
Il ne faut pas prendre USUL pour ce qu’il n’est pas. Il est une figure pensante indépendante. Il n’est pas un intellectuel révolutionnaire.
« Usul guérit et annule les effets de la propagande postmoderne du mépris de la culture tout en utilisant subtilement les même armes de com’. »
Malheureusement, je crois que tu as raison en partie ; ce n’est sans doute pas le but recherché par Usul mais sans doute la motivation de son éditeur. Dans le tas, il va prêcher des convaincus, faire rire des innocents et peut être un peu ouvrir l’esprits de ceux qui se cherchent… ce dernier résultat ne vaut-il pas la chandelle?
Quelque soit l’arme utilisée, en ayant noté l’évolution d’usul et surtout l’apport qui parait fondamental de Dorian, je trouve le ton d’Usul quasi-parfait.
J’aime les ponts entre cultures classiques et pop. Désenclaver les esprits c’est ce qu’il y a de plus dur. C’est ce qu’il y a de meilleur aussi imho.
« La presse jeu vidéo est un milieu consanguin », dites-vous. Mais en lisant cette interview, je me suis demandé si le journaliste portait encore des vêtements quand il posait ses questions.
Paradoxe ?
… ou esprit contradictoire?
A mon avis, USUL commet une grosse erreur. Pour lui, l’ennemi est un système.
On ne combat pas un système comme ça. Dans un autrefois dont la date importe peu, les gens vénéraient les prêtres, détenteurs du savoir et de la morale, avec toutes les conséquences bien connues (injustices, lapidations, chasse aux sorcières…). Comment combat-on le système du clergé? En éduquant les foules.
Voilà la véritable mission d’USUL. Son ennemie, c’est la médiocrité ambiante. Les gens cesseront de consulter la presse puante quand ils seront assez éduqués pour ressentir un besoin d’approfondissement, de diversité ou tout simplement de qualité.
Le journaliste n’est pas nécessairement un investigateur. Il peut être aussi un vulgarisateur. (hors de toutes les connotations négatives de ce mot) USUL n’est pas un amuseur, il n’est pas un spécialiste des jeux vidéos. Il veut parler de choses qu’il juge intéressantes. Je trouve cette attitude louable et désintéressée, même si je ne suis pas toujours d’accord sur le fonds ou l’esprit.
Mais il y a une chose que je ne comprends pas et qui m’intrigue fortement: les références comme Godard. Sont-elles présentes en tant que véritables références, ou bien parce que dans l’esprit des gens, Godard est associé à la Culture avec un grand C, à savoir le millésime du pédantisme?
» Son ennemie, c’est la médiocrité ambiante. Les gens cesseront de consulter la presse puante quand ils seront assez éduqués pour ressentir un besoin d’approfondissement, de diversité ou tout simplement de qualité. »
Il existe des niveaux de gris dans le manque d’instruction, d’éducation, de maturité, etc.
Usul fait un pont. Il participe à diffuser un tout petit bout de culture classique par un canal pop. Le résultat c’est quelques mecs vont s’intéresser plus profondément à ses références et y prendre goût.
Pour moi c’est mission accomplie.
Pour Godard, on peut penser aussi qu’il fait plus partie de la culture pop que de la culture classique… pour le côté pédant justement… mais finalement c’est toujours mieux que Cyprien…
Interview intéressante, comme le débat, passionnant pour ma part, qu’il génère.
Mais petit HS à l’attention de l’auteur de l’ITW: pourquoi l’utilisation du « Je » et du « Tu », qui isole le lecteur de l’interviewé et de l’intervieweur? Faire sentir qu’on est pote avec le mec qu’on a en face de soi est une pratique encore trop répandue dans l’univers de la presse vidéoludique, qui aurait bien besoin, à mon sens, de gagner en crédibilité…
Bonne remarque, Raphaël ! Loin de moi l’idée de vouloir me justifier, mais sache que je n’avais jamais vu Usul avant de l’interviewer. Le tutoiement est venu comme ça, sans raison, sans doute parce que nous sommes issus de la même génération. Dès lors, je me voyais mal remplacer les « tu » par des « vous » lors de la retranscription, mais je suis bien d’accord avec le fond de ta réflexion.
ALERTE ! CE MEC EST COMMUNISTE !
Y’a plus de presse jeu vidéo depuis belle lurette, juste des drones téléguidés par les attachés de presse des éditeurs. Éditeurs qui serrent les couilles aux rédactions via des budgets pub et qui font couiner les Directums des rédactions, pour être bien sûr que la moindre preview surpasse en dithyrambe Nelson Montfort devant un quadruple axel. Le plus dur, c’est pour le mec qui écrit le test ensuite, pas facile d’aller plus haut…
Tout au mieux, il y avait quelques passionnés authentiques qui écrivaient dans les mags fin 90′s-début 2000 mais la plupart de ces personnes ont été évincées dès qu’elles publiaient un texte qui ne convenait pas à un éditeur ( Eidos et Ubi ont fait jarter quelques rédacteurs en chef et journalistes, pas directement non non, juste de la plus belle manière vénitienne qui soit mais vu les crevards qui géraient yellow média à l’époque, c’était pas trop dur pour faire décapiter des gens).
Les fauteuils vacants des mecs réglos ont été récupérés presto par des gus prêts à te vendre le pucelage de leur petite soeur et la rondelle de leur grand-mère contre un sac de goodies et un petit moment de fame dans les soirées de lancement, des happenings où ces tocards de compète ne se rendent pas compte qu’ils sont considérés avec autant de bonté qu’une tache de gras sur une nappe propre – car trop occupés à se goinfrer au buffet – pour voir que les vrais leaders d’opinions, ce sont les marketeux, les mecs derrière la myriade de micro-sites dédiés ou les grands acheteurs de centrales. Mais le reality check est inadmissible pour la plupart de ces quadragénaires (ou pas loin pour la plupart) qui se prennent pour l’élite geek de l’hexagone parce que, y’a 15 ans, ils étaient seuls sur un marché qui aujourd’hui ne leur appartient plus.
Veni, vidi, vomi, je regrette d’avoir laissé mes plus belles années dans ce cloaque à têtes à claques. Désillusionné, mais heureux d’en être sorti et de pas vieillir comme eux.
Respect pour les mecs éjectés qui aujourd’hui galèrent dans la vraie vie…
Respect pour les puristes qui continuent à bosser honnêtement mais vos jours sont comptés.
Bonjour Baptiste Peyron,
cette interview me confirme l’image que j’avais d’usul en regardant ses vidéos, très intéressant merci !
as-tu une adresse mail (pro bien entendu) sur laquelle on pourrait le joindre ?
j’avais une idée de chronique qui semblait coller parfaitement à sa chronique et la lecture de ce papier me le confirme.L’idée est de refléchir à ce serait devenu le JV si on avait pas cédé à la facilité du divertissement à tout prix.
Je pense ne pas être le seul à penser que le JV est un média qui a un potentiel supérieur au film et peux etre même au livre en terme de profondeur.
Si tu as son accord j’ai laissé mon adresse mail dans le champs indiqué.
Merci d’avance, je vais faire un tour sur le reste de ton site